Octobre 2018

Bernard Labelle fournissait un service d’interprétation pour les conférences de Biz2Biz de la Chambre de commerce du Grand Charlottetown.

Bernard Labelle est un type discret.  Dans une salle de réunion où il agit comme interprète, on le remarque à peine. Son rôle est pourtant très important, car il permet à des organismes francophones de fonctionner en français en présence d’intervenants anglophones.

«C’est un service que je suis content d’offrir, parce que cela apporte beaucoup à la collectivité.  Il y a du travail avec les chambres de commerce, les gouvernements, les ONG et on ajoute le Collège de l’Île et le Réseau Santé en français entre autres.   Les francophones peuvent participer en français aux nombreuses consultations organisées par le gouvernement provincial.  C’est pratique et avantageux», souligne Bernard, qui habite la région de Charlottetown.

Citoyen de l’Île-du-Prince-Édouard depuis les années 1980, Bernard Labelle a très vite tiré parti de son excellente connaissance des deux langues officielles, jusqu’à les enseigner à plusieurs endroits.

«C’est cependant surtout par ses réseaux personnels qu’il a commencé à rendre service comme interprète.  Après un bout de temps et après avoir acquis son propre équipement, les séances se sont présentées», raconte-t-il.

L’équipement est portatif et prend relativement peu de place.  Il possède une trentaine de casques d’écoute sans fil pour les clients, une console qui permet au son de lui parvenir clairement.  Un transmetteur radio permet à la voix de parvenir aux gens munis de casques d’écoute.  Mais l’outil le plus distinctif, c’est le sténomasque.

«L’appareil produit un son feutré de la voix.  Il y a à peine un chuchotement auditif qui ne dérange pas les gens même s’ils sont près.  Les personnes qui portent les casques d’écoute entendent clairement ce qui est dit.  C’est une interprétation et non une traduction de ce qui est échangé.  C’est un travail exigeant.  Il faut écouter et parler en même temps.  C’est difficile, mais possible.  On s’habitue à un certain rythme.  Il faut avoir une excellente connaissance du français et de l’anglais, évidemment, et surtout, ne pas hésiter.  Si tu prends 3 secondes pour chercher un mot, tu prends un retard difficile à rattraper.  Il faut continuer et ne pas hésiter».

Au cours de sa carrière de 25 ans, Bernard a constaté que les avantages des organismes francophones à fonctionner en français sont mesurés, encouragés et appréciés.

Il n’est pas le seul à fournir des services d’interprétation.  Cependant, pour la collectivité francophone, il est le premier choix.

«Ce genre de service offre à la communauté acadienne et francophone la possibilité de tenir des réunions en français, même s’il y a des anglophones dans la salle… et vice-versa.  C’est un vrai atout», a déclaré Raymond Arsenault, qui est le directeur des communications à RDÉE Î.-P.-É..

Au Collège de l’Île aussi, le service est très apprécié.  «Nous utilisons les services d’interprétation simultanée de Bernard Labelle depuis 2011-2012.  Cela correspond avec une participation de membres anglophones au conseil d’administration.  Les services qu’il offre nous ont donc permis d’élargir la participation au sein du C.A. d’individus qui auparavant n’auraient pas pu contribuer aux discussions puisque nos réunions se déroulent en français.  Il en va de même pour notre assemblée générale annuelle.  Nous avons ainsi assuré la participation régulière de gens d’influence tels que le sous-ministre responsable des études supérieures, la direction de l’éducation postsecondaire, la vice-présidence d’autres établissements postsecondaires, etc.  Les services qu’il offre sont uniques, son équipement, son setup, sa flexibilité, et ils sont importants pour le Collège, et j’oserais dire, pour la communauté acadienne et francophone», dit Natalie Arsenault, coordonnatrice des services administratifs au Collège de l’Île.

La Société Saint-Thomas-d’Aquin abonde dans le même sens.  «L’offre de ce service a également été une démonstration de l’importance de mettre en place des mesures inclusives pour enrichir les échanges sans que la différence de langue soit une barrière de communication», a indiqué Isabelle Dasylva-Gill, directrice générale.

Pour elle, participer à une réunion menée tout en français est un des moyens de vivre et de s’épanouir en français.

Bernard Labelle rend ce service depuis plusieurs années, et avec les expériences multiples il a certainement pu développer une maîtrise de certains dossiers, ce qui est nécessaire quand on doit interpréter de façon simultanée.

Le service est un recours pour les francophones, à n’en pas douter.  De façon plus subtile, le service permet aux anglophones de constater que le fait français à l’Île n’est pas une légende urbaine.  Il y a véritablement une collectivité qui réside, se développe et s’épanouit en français et continuer de s’agrandir.

Bernard Labelle aime ce travail, mais comme nous tous, il prendra un jour sa retraite.  Il suggère que ce serait le temps de penser à former une relève.  Aux personnes qui pourraient être intéressées, il lance : «Faites-le pour la capacité de la collectivité de fonctionner en français, pour votre plaisir et pour votre langue».


Bernard Labelle rend de grands services aux collectivités et organismes qui veulent fonctionner en français sans exclure les participants anglophones.

- Par Jacinthe Laforest

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