Mai/Juin 2017

Pierre Leray est à son aise avec les animaux.

Pierre Leray a 19 ans.  Il vient de France et pendant les cinq prochains mois, pour un total de six, il va travailler sur la ferme Bernadale, à Saint-Philippe, dans la région Évangéline.  

«C’est un stage que j’effectue à l’intérieur de mon programme de deux ans en gestion agricole, au CFTA de Montfort-sur-Meu.  Il s’agit d’un centre de formation technique en agriculture qui met l’accent sur l’alternance entre la théorie et la pratique.  J’ai fait une première année, et maintenant, je fais mon stage de six mois avant de faire la deuxième année.  J’aurais pu aller n’importe où au monde, j’ai choisi de venir ici, et je suis bien content», a indiqué le jeune homme.

Mais comment un jeune homme qui vit loin en France a-t-il entendu parler de l’Île-du-Prince-Édouard et de la ferme Bernadale?  

Au CFTA de Montfort-sur-Meu, tous les étudiants font des stages à l’étranger.  L’an dernier, un étudiant, Baptiste Cabon, a fait son stage à la ferme Crasdale à Rustico.  «De retour au CFTA, il n’avait que de bonnes choses à dire sur l’Île et sur les pratiques agricoles en vigueur ici.  Je souhaitais venir à l’Île, mais j’avais besoin de trouver une ferme francophone, parce que mon anglais n’est pas suffisant.  Entretemps, Jacinthe Lemire, de la Coopérative d’intégration francophone de l’Île, est venue dans notre lycée pour parler des possibilités en agriculture dans votre province.  Lorsque j’ai décidé de venir à l’Île, j’ai pris contact avec la CIF et c’est comme ça que j’ai entendu parler de la ferme Bernadale».

En novembre 2016, Jacinthe Lemire a profité de sa participation au grand événement de recrutement d’immigrants francophones, Destination Canada, pour se rendre dans cinq lycées à vocation agricole de la France, et y faire connaître les possibilités de travail et de stage à l’Île-du-Prince-Édouard.  Ce projet de recrutement spécifique en agriculture a été nommé AgriInterCulture par l’organisme.  Grâce à son programme AgriInterCulture, la CIF va accueillir cet été une douzaine de jeunes futurs agriculteurs français qui seront placés dans des fermes, un peu partout dans la province.

«Notre recrutement en France a eu un grand succès.  Je crois que les résultats obtenus dans nos activités de recrutement ont renforcé la confiance que le gouvernement a en nos capacités de mener des projets à terme.  C’est ainsi que le gouvernement souhaite développer davantage AgriInterCulture, afin d’atteindre des agriculteurs français qui voudraient acquérir une ferme chez nous», a indiqué Jacinthe Lemire, directrice de la CIF.

En attendant, Pierre poursuit son stage.  «Ce qui m’intéressait, c’était de découvrir des pratiques agricoles différentes, en production et plus particulièrement en génétique.  Chez nous, en France, du moins dans ma région, la génétique est axée sur la quantité de lait, ainsi que le taux de gras et de protéine du lait.  Nos vaches sont un peu plus petites, et le pis est plus gros, en proportion.  Ici, la génétique appuie le développement d’un animal plus complet, peut-être plus équilibré physiquement.  C’est intéressant de comparer les deux tendances», avoue le jeune futur agriculteur.  

Gilles Bernard, propriétaire de la ferme Bernadale, travaille de près avec Pierre.  «Vraiment, j’apprends de lui autant qu’il apprend de moi.  C’est la première fois que j’ai un stagiaire et j’aime bien l’expérience.  Je savais aussi que les Crasdale à Rustico avaient bien apprécié leur expérience avec Baptiste Cabon.  D’ailleurs, ils accueillent à nouveau un stagiaire de Montfort-sur-Meu.»

Quand il aura fini toutes ses formations, Pierre Leray espère se joindre à la ferme familiale.  Il espère y apporter des connaissances et des pratiques, comme il l’a fait dans le passé.  «Je fais des stages dans divers domaines agricoles depuis que j’ai 15 ans.  Pour moi, c’est la façon idéale d’apprendre.  Après mon stage dans un élevage de poules à viande “Labelle Rouge”, une appellation contrôlée chez nous, j’ai convaincu la ferme familiale d’ajouter cette production.  Maintenant, en plus du troupeau laitier holstein rouge et blanc, et des bœufs à viande, nous avons 9 000 poules “Labelle Rouge”.  J’aime beaucoup faire des stages, et j’en profite pendant que je suis jeune.  C’est une façon d’apprendre que je recommande à tous», a indiqué le jeune homme.  

Pendant son séjour dans la région Évangéline, Pierre Leray habite un appartement chez Jeannita et Marcel Bernard, également à Saint-Philippe.  Il s’acclimate très bien au parler local, au fromage qui est «différent» et à la culture acadienne.


Pierre Leray et Gilles Bernard discutent des avantages et des inconvénients de différentes pratiques agricoles.

Pierre Leray est arrivé chez les Bernard juste à temps pour les accompagner au Atlantic Spring Showcase à Fredericton, où la ferme Bernadale a remporté le premier prix dans la classe des vaches matures avec Lellavan Baxter Fandango.  De gauche à droite :  Gabriel Bernard, Pierre Leray, Nicholas Gallant, Alex Bernard et Gilles Bernard.  

- Par Jacinthe Laforest

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