Octobre 2018

Sylvie Blancheton est heureuse de son choix de venir vivre au Canada, où les horizons professionnels sont ouverts.


Quand elle vivait encore en France, dans le même emploi depuis 20 ans, Sylvie Blancheton sentait qu’on commençait à la pousser vers la porte et que son avancement en carrière ne pourrait se faire que dans une direction, à reculons.   

«En France, dès que tu atteins 45 ans, tu n’as plus d’avenir professionnel.  Les occasions d’avancement se bloquent.  Je sentais cela dans mon emploi.  Mes employeurs me suggéraient de faire des plans pour ma retraite.  Je sentais que je serais mise sur la voie de garage et je trouvais cela démotivant et dévalorisant», a raconté Sylvie Blancheton, maintenant bien installée avec sa famille dans la région de Charlottetown depuis 2014.

Alors qu’en France, les horizons professionnels de Sylvie devenaient de plus en plus flous, son mari, camionneur, qui aimait avant tout faire de longues distances, se voyait lui aussi confiné aux courtes distances.

«L’environnement économique, les écarts de salaires dans les différents pays européens ont poussé Marc à partir.  On lui faisait sentir qu’il coûtait cher et on ne lui donnait que des boulots régionaux», a décrit Sylvie.

L’option de venir s’établir au Canada s’est cristallisée lorsque le mari de Sylvie a décroché un emploi de camionneur pour une compagnie de l’Île-du-Prince-Édouard.  «Curieusement, quand il s’est présenté à son nouveau patron et qu’il s’est excusé pour son âge, son patron lui a dit qu’au contraire, il avait l’âge idéal pour être chauffeur de camion.  Les mentalités ici au Canada et en France sont vraiment différentes.  C’est bien mieux ici».

En 2014, les Blancheton sont arrivés à quelques mois d’intervalle, d’abord le papa pour démarrer son emploi puis Sylvie avec les deux plus jeunes enfants.  Et la famille s’est installée.  Tout ce qu’il manquait à Sylvie, c’était du bon fromage et un emploi.

«Pour me donner des chances du côté emploi, je suis retourné aux études.  J’ai fait un diplôme d’aptitude d’enseignement du français en langue étrangère.  C’est un diplôme qui est géré par les Alliances françaises de par le monde.  Une fois ce diplôme en poche, j’ai entrepris d’obtenir mon permis de travail et j’ai commencé à travailler à l’Université Sainte-Anne, au campus de Charlottetown, en 2015.  Par contre, je n’ai pas encore trouvé du fromage à mon goût», a-t-elle dit.

À l’Université Sainte-Anne, les tâches de Sylvie combinent l’enseignement et l’administration du petit campus.  «Nous avons une dizaine de personnes en contrat pour l’enseignement.  Nos clients sont des fonctionnaires qui veulent maintenir ou augmenter leurs niveaux de bilinguisme, et des membres du public.  Les méthodes d’enseignement varient selon le client et ses besoins», a renchéri Sylvie Blancheton, en août dernier.

Étant originaire de France, Sylvie Blancheton a toujours parlé français et ne s’est jamais sentie obligée de protéger sa langue.  En venant vivre à l’Île-du-Prince-Édouard, elle avait accepté l’idée qu’elle aurait rarement l’occasion de parler en français, à l’extérieur de sa famille.  «Au contraire, j’ai découvert l’histoire des Acadiens, leur langue riche qui a évolué différemment de la nôtre.  Et j’en éprouve un grand plaisir.  Maintenant, si ma famille n’était pas si loin et si je pouvais trouver du bon fromage, tout serait parfait».

- Par Jacinthe Laforest

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