Avril/Mai 2017
Kaneshii  Vinyl Press est une nouvelle entreprise qui vient juste de voir le jour à l’Île-du-Prince-Édouard, grâce à l’esprit d’entreprise des deux propriétaires, l’Acadienne de l’Île, Ghislaine Cormier, et Gidéon Banahene, natif du Ghana, qui vit au Canada depuis déjà plusieurs années.  «Kaneshii, c’est un mot africain qui veut dire autosuffisance, autonomie, et rentabilité.  C’est un clin d’œil aux origines de Gidéon, mais c’est aussi notre philosophie pour cette entreprise», a expliqué Ghislaine Cormier.  Impliquée dans le milieu culturel de l’Île-du-Prince-Édouard depuis plus de 15 ans, et ayant grandi dans une famille où père et mère ont évolué sur la scène entrepreneuriale, Ghislaine voyait les disques en vinyle faire un retour.  Son ami Gidéon possédait, quant à lui, une grande collection de disques en vinyle et voyait d’un bon œil le retour des disques traditionnels.  En plus, il est lui-même entrepreneur.

«Avec mes connaissances de l’industrie musicale, et les connaissances de Gidéon en affaires et sa passion pour le disque, nous avons vite compris qu’il y avait une opportunité à saisir.  On est sur le point d’ouvrir officiellement nos portes, et pour cela, il nous a fallu travailler pendant deux ans pour développer notre plan d’affaire avec tout ce que cela comporte, faire la recherche des meilleurs équipements, sécuriser les sources de financement, faire nos études de marché, et déterminer la structure financière.  Même trouver un endroit adéquat pour nous établir a pris du temps.  Nous avons visité des édifices partout dans l’Île et finalement, nous avons choisi de nous établir au parc industriel de West Royalty.  L’endroit convient et nous avions très peu de rénovations à faire», explique Ghislaine.

C’est dans cet entrepôt que les disques seront gravés.  Kaneshii a acheté une machine hautement spécialisée pour pouvoir graver les disques.  

«Nous avons appris beaucoup de choses sur la manière de produire les disques.  C’est un processus qui s’apparente à la production de moules pour de la céramique.  Il faut d’abord créer le disque original en positif.  Ce n’est pas nous qui faisons cela.  Il faut ensuite prendre une empreinte des deux faces du disque, qui donneront un relief négatif.  Ce n’est pas nous qui faisons cela non plus.  Nous faisons affaire avec deux compagnies différentes pour faire ces étapes essentielles.  Nous recevons alors ces reliefs négatifs pour imprimer les sillons dans une matière synthétique chauffée (du PVC) qui peut se faire dans toutes les couleurs.  C’est cela que nous faisons.  Avec un moule au relief négatif, on peut presser jusqu’à 1 000 disques», dit Ghislaine Cormier.  

Au moment de l’entrevue, plus tôt en avril, les propriétaires de Kaneshii étaient en mesure de remplir des contrats, même si leur machine n’était pas encore arrivée à l’Île.  «Même sans faire de promotion, juste par le bouche à oreille et ce qui est sorti dans les médias jusqu’à présent, nous recevons des appels pratiquement tous les jours.  Nous sommes en mesure de remplir nos contrats, avec notre machine, qui est encore en Ontario.  Nous serons en mesure de l’installer à l’Île d’ici quelques semaines.  Nous aurons la seule presse de disques de vinyle au Canada à l’est de Toronto».

Kaneshii profite du mouvement qu’on appelle en anglais «Vinyl Revival».  Le marché du disque compact est pour ainsi dire disparu.  De nos jours, on achète le fichier numérique ou le disque en vinyle, ou les deux.  

«À Kaneshii, nous sommes en mesure de répondre aux besoins des clients, suivant plusieurs formules.  Si le client veut seulement les disques, pour faire l’emballage lui-même, on peut le faire.  On peut aussi faire imprimer les pochettes selon les spécifications et faire tout l’emballage nous-mêmes, pour les envoyer clé en main aux clients.  Nous pouvons également imprimer un fichier numérique en complément, à la demande du client», explique Ghislaine Cormier.  

«Pour le moment, on presse des 33 tours, mais notre compagnie prévoit d’être en mesure de produire des 45 tours, d’ici quelques mois.  On pourra mettre jusqu’à quatre chansons sur un disque 45 tours».

Kaneshii Vinyl Press Ltd a reçu du financement gouvernemental, notamment du fédéral, par l’entremise de l’Agence de promotion économique du Canada.  Le gouvernement provincial est également dans l’équation.  «Avec Compétences Î.-P.-É., et le programme Î.-P.-É. au Travail, nous avons créé deux emplois.  De plus, nous avons aussi embauché un ingénieur pour travailler avec notre équipement.  Donc, on peut dire que nous avons créé trois emplois, en plus du travail que Gidéon et moi mettons dans l’entreprise.  

Kaneshii a aussi mérité la bourse de 10 000 $ du concours des dragons de RDÉE Î.-P.-É. en mars dernier.  

La Voie de l’emploi en images

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