Mars 2021

Extrait de la présentation de Sylvie Desjardins aux parents de la région Évangéline le lundi 1er février.



Il arrive que, dès l’enfance, un jeune sache déjà dans quel domaine il ira.  Certains talents, certaines aptitudes, apparaissent tôt et continuent de grandir au même rythme que le jeune être humain.  

La plupart du temps, cependant, le jeune de 10e, 11e, ou 12e année peine à trouver sa voie, ou tout simplement, à se trouver une voie.  Et ce n’est pas nécessairement parce qu’il s’en fiche, comme l’explique Sylvie Desjardins, conseillère en orientationet spécialiste en carrière au Nouveau-Brunswick.

«Dans ma pratique, je n’ai jamais rencontré un jeune qui n’était pas préoccupé par l’avenir, qui n’était pas affecté par le stress de prendre la bonne décision.  Mais j’ai vu des jeunes qui n’étaient tout simplement pas prêts.  Certains prennent plus de temps que d’autres à se connaître, à trouver leur chemin.  Dans ces circonstances, une année sabbatique peut être une solution», a suggéré Sylvie Desjardins aux parents de la région Évangéline le lundi 1er février à l’occasion de la première de plusieurs rencontres, par visioconférence, organisées par le projet Transition Jeunesse.  


Dans la salle, les parents présents ne semblaient pas être totalement contre l’idée.  «Je suis plus inquiet que contre l’idée», a dit un parent, appuyé par des hochements de tête des autres parents.  


Dans le passé, prendre une année sabbatique était mal vu et même encore de nos jours, un léger tabou persiste.  «J’ai encore des parents qui viennent me voir et qui s’inquiètent que leur enfant va partir autour du monde en sac à dos et ne rien faire de sa vie.  C’est normal pour un parent de s’inquiéter et je dirais que la réponse à cela serait de bien planifier son année, pour atteindre des objectifs précis».

«Lorsque l’année est bien planifiée, dans 90 % des cas, elle se solde par un retour aux études», dit la jeune professionnelle.  

Une année qui n’a de sabbatique que le nom

On l’appelle année sabbatique, mais en fait, cette année est davantage une année de découverte de soi et du monde qui nous entoure.  L’entrepreneure recommande aux parents de parler avec leur enfant, de lui poser des questions ouvertes qui l’amènent à réfléchir aux objectifs qu’il veut avoir atteints à la fin de cette période.  

L’objectif est-il de mettre de l’argent de côté pour un voyage? Pour entrer à l’université ou au collège? Ou les deux? Ou consiste-t-il à tester différents environnements professionnels?  

Sylvie Desjardins cite un jeune  client qui voulait justement faire une pause après le secondaire.  «J’ai travaillé avec lui.  On a parlé de ses objectifs.  On a identifié des milieux de travail qui seraient en lien avec ses objectifs.  On a parlé de son budget, de ce dont il aurait besoin pour son voyage et ses études, et des salaires qu’il devrait viser.  Avec l’accord du client, j’ai appelé sa mère pour lui dire ce qu’on avait fait et elle était rassurée parce qu’il avait un plan».

Savoir poser les bonnes questions

À l’adolescence, les jeunes sont tiraillés entre leur besoin de s’affirmer et leur besoin d’appartenir.  Il faut toujours avoir cela à l’esprit lorsqu’on aborde le sujet des études et de la carrière avec des adolescents qui sont très influençables.  

«Si votre enfant vous dit qu’il veut aller en criminologie, plutôt que de lui répondre : “En criminologie? Y’a pas de job là-dedans”, demandez-lui ce qui l’attire dans ce domaine, pourquoi il pense qu’il serait bon là-dedans et encouragez-le à faire une liste de 10 différents types d’emplois reliés à la criminologie.  S’il le faut, aidez-le dans sa recherche.  Il peut trouver que le type de carrière est intéressant ou au contraire, constater que ce n’est pas pour lui».


Sylvie Desjardins soutient qu’elle-même a eu de la difficulté à trouver son domaine, lorsqu’elle était à l’école.  «J’ai voulu aller en criminologie, en enseignement, en journalisme.  Pour le journalisme, je me souviens d’un commentaire qui m’avait marquée, sur le besoin d’être très bon en français.  J’avais de bonnes moyennes, mais ça s’est cristallisé dans mon cerveau que je ne serais jamais assez bonne en français pour être journaliste.  En résumé, faites toujours attention à ce que vous dites de votre travail ou du travail des amis devant vos enfants.  Ça peut détruire des rêves».

Plutôt que de demander à votre enfant ce qu’il veut faire plus tard, demandez-lui quelle sorte de problème il veut régler?

Depuis la création de son entreprise NxCareer, Sylvie Desjardins a accompagné et guidé plus de 500 clients afin qu’ils obtiennent un emploi qui correspond mieux à leurs attentes et à leurs ambitions.  Diplômée d’une maîtrise en orientation, elle est conseillère canadienne certifiée (CCC) depuis 2011, thérapeute en counselling depuis 2017 et elle est devenue spécialiste en réadaptation professionnelle en 2018 après avoir réussi l’examen national.

Le programme Transition jeunesse a été développé par RDÉE ÎPÉ dans un continuum d’appui aux jeunes qui inclut également PERCÉ et Faut que ça grouille! Transition jeunesse outille les jeunes pour qu’ils réussissent leur transition vers les études postsecondaires et le marché du travail. 

La présentation de Sylvie Desjardins s’adressait aux parents qui, parfois, sont eux-mêmes dépassés par l’importance de la décision à prendre.


Sylvie Desjardins, spécialiste en carrières et en réadaptation professionnelle au Nouveau-Brunswick.  (Photo : Gracieuseté)


- Jacinthe Laforest

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