Janvier 2021


Dion Gallant, d’Abram-Village, a établi son entreprise de soudage il y a environ deux ans, après avoir travaillé dans ce domaine toute sa vie.  «Sachant ce que je sais maintenant, je regrette de ne pas avoir lancé mon entreprise plus tôt».


Ses clients sont surtout des pêcheurs et des agriculteurs.  «J’arrange des morceaux d’équipement qui brisent.  Je construis, je modifie.  Quand un pêcheur arrive avec quelque chose qui est brisé, ça n’attend pas.  La saison est courte, et je tente de faire le travail le plus vite possible.  En hiver, c’est plus tranquille, mais j’ai tout de même des contrats intéressants».

En cette mi-janvier, Dion Gallant construisait une récolteuse de palourdes.  Faite de métal, elle est tractée par un bateau sur le sable au fond de l’eau.  Des jets d’eau projetés à haute intensité déplacent le sable, et les palourdes sont alors entraînées sur le grillage de métal qui retient les plus grosses et laisse passer celles qui ne sont pas prêtes à la récolte. 

«J’ai travaillé à partir d’un modèle.  Les pêcheurs qui l’avaient trouvaient que quelque chose ne fonctionnait pas bien alors je l’ai bien étudié et j’ai corrigé le problème.  C’est une machine simple, mais il fallait y penser.  Tout doit être parfait sinon, ça ne fonctionne pas.  Quand on est soudeur, on est toujours en train de trouver des solutions.  Les Acadiens, on est des patenteux et souder c’est patenter».


Fils de pêcheur, Dion Gallant a grandi dans l’idée qu’il serait lui aussi pêcheur.  «Mon père préférait que je choisisse un autre domaine, mais finalement, c’est le homard qui a pris la décision pour moi.  Dans les années 1990, la pêche n’était pas bonne alors, je suis plutôt allé au collège.  J’ai suivi mon cours et je n’ai pas arrêté de travailler depuis.  J’ai travaillé chez Bernard’s Mobile Welding, et j’ai travaillé aussi chez Corcoran’s Farm Supply plusieurs années.  Puis, un de mes amis, Eddie Arsenault, qui est aussi soudeur, a lancé sa compagnie et il m’a encouragé à faire comme lui.  J’ai hésité parce qu’avec une famille, j’aimais avoir un salaire garanti, mais finalement je me suis lancé et je ne le regrette pas une minute.  Et ma femme Vera m’aide beaucoup avec l’entreprise».


Croissance rapide 

Lorsque Dion Gallant a décidé de lancer son entreprise, il s’est adressé à Compétences ÎPÉ, dont le programme pour les travailleurs autonomes lui a été très utile.  «J’aurais peut-être pu faire sans, mais ça m’a donné une tranquillité d’esprit et je n’avais pas la peur de manquer de travail.  Je n’en ai jamais manqué.  Les gens viennent me voir.  Et je fais aussi des projets conjoints avec d’autres soudeurs comme Eddie Arsenault, et mes anciens employeurs.  Il y a du travail pour les soudeurs.  C’est clair».

En deux ans, Dion Gallant a monté sa clientèle au point où il aurait besoin d’un assistant et d’un local plus grand.  «Ce sont de grosses décisions.  Je ne sais pas si j’aurais assez de travail pour deux personnes.  Et toutes les entreprises de soudage ont de la misère à recruter des bons employés.  Et mon local est parfois trop petit.  Mais en même temps, il est pratique, et j’ai tout à portée de main».


Regard en arrière

Jeune homme, Dion n’aimait pas l’école.  «Je ne serais pas resté à l’école si je n’avais pas eu le cours de “coop ed” qui m’a amené vers le soudage.  C’est ça qui m’a tenu à l’école et qui m’a aidé à gagner ma vie, plus tard.  J’aimerais que nos jeunes aient beaucoup plus d’occasions d’apprendre comme ça.  Mais je suis aussi content que nos jeunes qui veulent faire des études soient capables de le faire, comme ma fille qui va finir son université cette année et devenir infirmière et mon autre fille qui veut se lancer dans un autre domaine».

Héritage familial

Dion Gallant a toujours pris son père, René, comme modèle et comme mentor.  «Mon père nous a élevés, mes sœurs et moi, avec l’idée qu’il fallait prendre soin de sa famille, qu’il fallait se débrouiller le plus possible par soi-même, et travailler fort pour réussir dans la vie.  Quand j’ai décidé de lancer mon entreprise, j’ai repris son ancien hangar de pêcheur à Abram-Village.  C’est bien situé, pas loin des pêcheurs.  Je venais voir mon père travailler ici, et maintenant c’est moi».

Et la pandémie?

Dion Gallant estime que la pandémie n’a pas été un très grand obstacle pour son entreprise.  Le seul inconvénient a été que sa chaîne d’approvisionnement a été plus lente, ce qui a pu, occasionnellement, ralentir son travail. 

- Jacinthe Laforest

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