Janvier 2020

Robyn Gallant raconte son parcours peu traditionnel vers la création de sa propre entreprise.


On ne s’imagine pas, de prime abord, qu’une formation universitaire en théâtre procure des compétences qui permettent de gérer une entreprise avec succès.  Il suffit de rencontrer Robyn Gallant pour changer d’idée.  Elle a lancé le 1er octobre dernier son entreprise, «Eventurous Consulting» et ses revenus, après quatre mois de fonctionnement, lui prouvent qu’elle a pris la bonne décision.  Mais d’abord, retournons en arrière de quelques années. 

En juin 2012, Robyn Gallant a reçu son diplôme, avec honneur, de l’École Évangéline.  Son diplôme était assorti du tout nouveau Sceau Arts et Culture.  Elle était la toute première finissante de l’École Évangéline à obtenir ce sceau, pour lequel elle avait eu à produire un document de quelque 120 pages. 

Bien que ce sceau ne soit pas connu ni même reconnu, il a aidé Robyn Gallant à poursuivre ses études en théâtre, en Nouvelle-Écosse.  «J’ai beaucoup aimé mes études et j’aurais certainement terminé mon baccalauréat, mais durant ma quatrième année, j’ai accepté un emploi en théâtre professionnel que je ne pouvais pas laisser passer.  Lorsque j’ai quitté cet emploi, j’étais la gestionnaire de scène.  J’étais celle qui dirigeait les techniciens des lumières, du son, des décors, des changements de scène, des accessoires.  C’est un travail très stressant.  Durant une production de deux heures, j’avais 800 changements de lumière à coordonner avec précision».

À 23 ans, Robyn Gallant est revenue à l’Île-du-Prince-Édouard pour se ressourcer.  «J’étais heureuse de mon travail, mais j’étais brûlée.  Je savais que je ne pourrais pas tenir ce rythme de travail toute ma vie et que je devrais faire un changement».

Robyn a d’abord accepté un emploi avec la Coopérative d’intégration francophone (CIF).  «Je ne m’y connaissais pas en immigration, mais ils avaient besoin de quelqu’un qui savait comment gérer des événements.  Et c’est ce que j’ai fait.  J’ai aussi appris beaucoup au contact des autres employés de la CIF, dont le vécu est très différent du mien.  Puis, j’ai obtenu un contrat de sept mois au gouvernement provincial.  Au fur et à mesure que je voyais la fin de ce contrat approcher, le rêve d’être gestionnaire de ma vie professionnelle et d’être ma propre patronne, un rêve que j’avais depuis l’âge de 5 ans, m’est apparu comme une possibilité.  Mon contrat au gouvernement finissait le 7 septembre et le 4 septembre, mon entreprise était enregistrée.  J’ai commencé le 1er octobre», raconte Robyn Gallant.

Elle a vécu des moments d’incertitude et d’insécurité où elle imaginait que tout irait mal, mais au contraire, les contrats se sont alignés.  Des contrats de courte durée, mais aussi des contrats de longue durée.  «J’ai deux contrats qui finissent en septembre 2020 et un autre qui prend fin en octobre 2020.  Et j’ai aussi des contrats plus ponctuels.  Et en parallèle, je suis aussi employée à temps partiel au Village des Sources l’Étoile Filante.  Cet emploi me donne une sécurité et me réchauffe le cœur, car il répond à mes valeurs, et mon entreprise me donne le pouvoir de gérer ma vie.  Je crée mes horaires.  En général, je travaille de la maison le matin, pour les médias sociaux, les rendez-vous, les suivis, etc., et je rencontre des clients l’après-midi et les soirs.  Pour me faire connaître, je participe à de nombreux événements de réseautage et j’initie les contacts.  Je n’attends pas que les gens s’intéressent à moi.  Je vais vers eux», précise la jeune femme. 

L’événementiel est partout

«Les gens ne réalisent pas à quel point l’événementiel pourrait les aider à atteindre leurs objectifs.  Que ce soit une réunion annuelle, une session de remue-méninge et même, le développement d’un plan stratégique.  Je travaille présentement avec une compagnie pour un plan stratégique en langues officielles.  Un plan stratégique, c’est un document vivant qui a besoin d’être animé, supporté par des événements et des activités.  Sinon, c’est un document sur papier dont tout le monde se désintéresse.  Au contraire, il faut mobiliser et motiver pour atteindre les objectifs.  On peut dire à l’interne, jusqu’à manquer de voix, qu’on est bilingue, mais il faut que ça se traduise dans des actions et dans des intentions.  C’est pour cela que la mise en œuvre a besoin d’être supportée par l’événementiel», insiste Robyn Gallant. 

Aide de la Startup Zone

Robyn Gallant a fait le tour des programmes gouvernementaux dont elle aurait pu profiter pour l’aider au démarrage de son entreprise.  Jusqu’à présent, elle n’a pas déposé de demande d’aide aux salaires.  Cependant, elle fait partie des entreprises résidentes de la Startup Zone, à Charlottetown. 

«J’ai déposé ma candidature avec tous les documents pertinents et j’ai été acceptée.  Je dispose de six mois de loyer gratuit, sans avoir à payer d’internet, d’électricité.  Je peux rencontrer des clients dans des salles de rencontre.  Mais c’est surtout les services professionnels qui sont précieux.  Ils m’ont aidée à trouver et à payer mon avocat.  Ils organisent des ateliers, des événements, et les contacts que je cultive dans cet endroit vont être très précieux pour moi dans l’avenir.  Après ma période de six mois, je pourrai continuer contre un loyer vraiment avantageux.  C’est un excellent service».

Pour démarrer son entreprise, Robyn a investi dans un bon logiciel de comptabilité, dans un ordinateur, et elle a aussi suivi quelques formations.  À ce chapitre, elle se tient à l’affut des tendances en matière de facilitation et d’animation, pour ajouter à sa panoplie professionnelle et à la gamme de compétences qu’elle peut offrir à des clients. 

«J’apprends en faisant, mais je dois dire que mes études en théâtre et mon travail dans ce domaine, m’ont bien préparée à faire face, à gérer les situations, et à trouver rapidement des solutions», dit Robyn Gallant.

La Voie de l’emploi en images

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