Mai 2019

Mohammed Daoussa Tom, étudiant du programme : adjoint administratif bilingue. 


Le parcours de Mohammed Daoussa Tom est peu commun.  Forcé de fuir son pays natal du Soudan, il a passé près de 14 ans dans des camps de réfugiés dans différents pays avant d’arriver au Canada en septembre 2015, à titre de réfugié politique.  Aujourd’hui, le jeune homme de 25 ans partage avec émotions et humilité ce parcours, qui comprend une passion pour les études.
 

«Très jeune, ma mère me disait déjà que c’est en étudiant que je pourrais assurer mon avenir.  Encore aujourd’hui, ses paroles sont une source de motivation pour moi.  En plus, comme je suis le fils aîné, c’est aussi ma responsabilité d’assurer l’avenir de ma famille à la suite de la mort de mon père.  C’est une grande responsabilité que je prends très au sérieux», dit Mohammed.

Séparé de sa famille à l’âge de 10 ans, c’est en 2001 que son périple à travers six différents pays commence : Tchad, Cameroun, Nigéria, Bénin, Togo, Ghana.  Partout où il passe, et souvent sans moyens financiers, Mohammed réussit à poursuivre ses études jusqu’au niveau postsecondaire.  Pour ce faire, il apprend plusieurs langues en cours de route, y compris le français. 

«Lorsque j’ai quitté mon pays, je parlais deux dialectes locaux ainsi que l’arabe, une des langues officielles du Soudan.  J’ai aussi appris l’hindi et c’est pendant mon séjour au Tchad que j’ai appris le français, car c’est la principale langue d’enseignement dans ce pays», explique Mohammed.

Après plusieurs années d’attente, c’est à partir d’un camp de réfugiés au Ghana que Mohammed sera choisi pour venir au Canada.  Le fait d’être choisi par un pays n’est que le début d’un long processus où les individus sont pris en charge par différents organismes comme l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), l’Organisation intergouvernementale dans le domaine de la migration (OIM) ainsi que les autorités du pays de destination. 

«Il y a un certain élément de chance associé au processus, car nous ne sommes pas vraiment au courant des critères de sélection, partage le jeune homme.  Dans les camps, il y a des gens qui étaient là avant mon arrivée et qui étaient encore là quand je suis parti pour de bon».

Malgré son éducation, il choisit de repartir à zéro à son arrivée à l’Île-du-Prince-Édouard en suivant d’abord la formation générale aux adultes pour obtenir son diplôme d’équivalence du secondaire. 

Il s’est ensuite inscrit au programme collégial d’adjoint administratif bilingue au Collège de l’Île.  Mohammed est d’ailleurs actuellement en stage à l’Agence de revenu du Canada et achève son programme d’études.  De plus, il a récemment fait sa demande pour devenir citoyen canadien. 

«C’est important pour moi de souligner et de remercier tous ceux et celles qui m’ont aidé, directement et indirectement depuis mon arrivée au Canada.  Je suis ici aujourd’hui, car je crois sincèrement que c’est en passant à travers des moments difficiles que l’on apprend à se connaître et à décider comment on veut vivre notre vie.  Pour moi, la vie est douce, elle n’est pas amère du tout».

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