30 novembre 2022

Deux monitrices de langue dans nos écoles francophones à l’Î.-P.-É. : Sophie Mathieu-Gauthier (à gauche) et Adèle Gaudet.

Deux monitrices de langue dans nos écoles francophones à l’Î.-P.-É. : Sophie Mathieu-Gauthier (à gauche) et Adèle Gaudet.
Pour faire suite à une formation Atlantique des moniteurs de langue (8-10 novembre — Fredericton, N.-B.), La Voix acadienne a rencontré deux monitrices de langue qui enseignent dans nos écoles francophones à l’ÎPÉ. C’est l’occasion de décortiquer un métier intéressant, de recueillir les impressions de deux nouvelles arrivantes dans la province et de réfléchir à l’enseignement du français.
Adèle Gaudet enseigne à l’École Pierre-Chiasson à DeBlois, elle est en train de finir son bac en histoire. Adèle a débuté l’année comme suppléante en maternelle et elle commence depuis novembre sa deuxième année de monitrice de langue, elle travaille sur tous les niveaux de l’école et plus souvent avec les premières années, car il y a plus d’élèves. Avant de découvrir ce métier, elle a travaillé quatre ans dans l’agriculture, à Charlottetown et à Tignish.
Comment trouves-tu le travail de moniteur de langue?
«C’est super, c’est une belle façon d’explorer le travail dans les écoles sans trop de pression. C’est une belle réflexion d’une carrière dans l’éducation pour éventuellement devenir enseignante. Je n’aurai jamais considéré cet emploi avant de devenir monitrice, c’est une super introduction, car ça permet de travailler avec beaucoup d’élèves de tous les niveaux, de la maternelle jusqu’en 12e année».
Comment a été l’accueil de la communauté de Tignish?
«C’est très bien, mon copain vient de Tignish, c’est sa communauté d’attache et au début j’ai trouvé mon groupe à travers lui, dans le monde de l’agriculture et tout se passait en anglais. Avoir commencé le travail de monitrice, ça m’a rattaché à ma culture acadienne, car j’ai rencontré des Acadiens, parlant comme moi! Ça a réveillé un sentiment d’appartenance et ça me pousse à m’investir davantage dans la communauté acadienne et francophone de la région. Avant je ne savais pas comment me connecter à d’autres francophones, ma vie était anglaise et je ne savais pas comment c’était de vivre en français à l’âge adulte dans cette communauté».
Plan pour le futur
«J’aimerais devenir enseignante, je veux continuer mes études et j’ai envie aussi de travailler. L’emploi de monitrice (25 heures par semaine) permet de faire les deux, donc je vais très probablement postuler pour une autre année comme monitrice pour aussi me donner l’occasion de poursuivre mes études».
Sophie Mathieu-Gauthier, native du Québec, a entamé sa deuxième année de monitrice de langue. Cette année, elle est monitrice à l’École La Belle-Cloche à Rollo Bay. Elle est assignée de la maternelle à la 6e année.
Est-ce que les enfants connaissent bien le français dans ton école?
«Ils parlent bien, mais c’est différent du Québec. J’étais surprise de voir des écoles de français en langue première à l’Île-du-Prince-Édouard. La réalité de la région de Rollo Bay/Souris est que la majorité des enfants n’ont pas un parent à la maison qui parle français. En même temps, les parents inscrivent leurs enfants dans les écoles francophones et d’immersions. C’est vraiment intéressant, les écoles sont pleines et ceci souligne leur succès. L’année dernière, j’étais dans une école d’immersion et je peux dire que le niveau de français dans l’école, la langue première est meilleure!»
Comment as-tu trouvé l’accueil des Insulaires à ton arrivée?
«Bel accueil! Spécialement à l’école, on nous accueille à bras ouvert, car on est un appui supplémentaire. Moi je suis seule et j’ai trouvé une maison avec un couple retraité qui a été très accueillant, comme les gens en général. J’ai choisi l’Île, car elle est très “nature” et les paysages sont très hauts en couleur. J’ai eu beaucoup d’émotions quand j’ai vu les effets de Fiona, car elle a abimé tous les sentiers que j’aurai aimé parcourir. Mais ils restent pleins de plages à découvrir».
Formations pour les moniteurs et monitrices à Fredericton?
«C’est super intéressant! C’est différent par rapport à la formation nationale en ligne, que nous avons suivie en septembre et qui aurait dû se tenir à Québec. Cette fois, on se regroupe avec les autres moniteurs des maritimes et c’est intéressant, car on retrouve une autre situation qu’au niveau national. L’échange est très pertinent et bien en liaison directe avec le travail de tous les jours».
Différences linguistiques par rapport au Québec?
«Je ne pensais pas pouvoir être une référence au niveau de la langue française. Je pense définitivement qu’il n’y a pas de modèle de référence, il n’y a pas de bon et de mauvais français, chacun a le français propre à son histoire et il ne faut pas se gêner de parler sa langue».
Le programme est excellent et malheureusement on n’arrive pas à trouver assez de candidats pour remplir les postes qui sont disponibles. Plusieurs postes de moniteur de langue sont encore disponibles à l’Île-du-Prince-Édouard, si vous êtes intéressés, n’hésitez pas à contacter Cécile Arsenault, coordinatrice provinciale à l’adresse courriel Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ou à vous renseigner sur internet à francaisanglais.ca.
- Valerio Hereira






