4 mai 2026
Nathalie Malo, gestionnaire des ressources humaines. (Photo : Courtoisie)
Quand on consulte la section carrière du site de la Commission scolaire de langue française de l’Î.-P.-É., on note une demande pour plusieurs postes de suppléances à combler. On a besoin de garnir les banques de suppléance pour les postes d’adjointes administratives, d’assistantes en éducation, d’enseignantes, de concierges / nettoyeurs et de conducteurs d’autobus.
«C’est souvent dans les extrémités de l’Île, soit à Tignish et Souris qu’on a le plus de difficultés à combler les postes», de dire Nathalie Malo, gestionnaire des ressources humaines. «À l’École Fraçois-Buote, à Charlottetown, c’est généralement moins difficile.»
À Abram-Village, il y a un poste ouvert pour un.e responsable des services immobiliers, un.e conseiller.ère en orientation et un.e conseiller.ère scolaire.
«Nous avons habituellement tout le personnel nécessaire au début de l’année scolaire, mais le problème ce sont les gens malades pendant l’année scolaire et il est parfois très difficile de les remplacer», ajoute-t-elle. «On ne peut pas faire venir une personne d’un autre pays ou d’une autre province, sans savoir si elle aura un travail par la suite.»
«Pour l’instant ça regarde bien pour la prochaine année scolaire», on remplit tous les postes avant la fin de l’année scolaire, mais c’est parfois pendant l’été que des gens reviennent sur leur décision d’accepter un poste», dit-elle. «Certains avisent en août et c’est très stressant de ne pas trouver un.e enseignant.e pour la rentrée. Chaque été, j’espère toujours qu’aucun enseignant ne va téléphoner pour dire qu’il a accepté un poste ailleurs, ou pour une autre raison.»
Elle ajoute que ce n’est pas évident de recruter en été ni dans le milieu de l’année scolaire quand tout le monde a déjà accepté un poste. On va mettre un bon suppléant si on en a, sinon on va tout essayer pour entrouver un. C’est pour ça qu’il est important de connaître les besoins réels des écoles et d’avoir une bonne banque de suppléances.
La population grossit
Chaque année la population grossit et on a besoin de plus de personnel, sans oublier que des gens prennent leur retraite. La profession d’enseignant n’est pas facile, mais ici à l’Île nous avons de bons services d’accompagnements pour les enseignants et les élèves : conseillère en pratique pédagogique, enseignant ressource, francisation, conseillère en counseling, assistant en éducation, etc., et les classes ne sont pas si grandes, comparativement avec d’autres provinces, ils ne sont habituellement pas plus d’une vingtaine d’élèves. Bien que le gouvernement ait des limites budgétaires, il faut trouver le moyen de garder un nombre raisonnable d’élèves par classe pour le bien-être de nos enseignants.
Elle ajoute qu’il faut prévoir l’avenir. Il y a un projet d’agrandissement pour l’École François-Buote qui a besoin de plus d’espace, car on a plus d’élèves et une nouvelle école en construction à Évangéline.
Occupant ce poste depuis près de 14 ans, Nathalie Malo indique que le recrutement se fait dans la province en premier, après dans le reste du Canada et finalement dans d’autres pays. Elle a participé à des tournées de recrutement en France, au Maroc et en Belgique. Le taux de rétention des enseignants étrangers est généralement bon, on a beaucoup d’enseignantes attachées à leur école et leurs enfants aussi; c’est plus compliqué de bouger lorsque la famille est bien établie et intégrée dans la communauté. Mais il y en a toujours un ou deux, par année, qui s’en vont.
«Nous sommes quand même chanceux à l’Île, on comble plusieurs de nos postes avec des étudiants finissants du baccalauréat en éducation d’UPEI», dit-elle. «Environ 10 % des employés viennent d’un autre pays. On tente de les accompagner du mieux que l’on peut, car ce n’est pas toujours facile de s’intégrer rapidement à notre système scolaire qui est souvent très différent.»
Nathalie Malo est bien contente du programme de bac d’un an qu’offre l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard. «Il y a 35 étudiant.e.s cette année et c’est bon pour notre recrutement», conclut-elle.
- Par Claire Lanteigne






