23 février 2022
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Nancy Beth Guptill, présidente de l’organisme «Lest We Forget Community Veterans Committee», de Summerside. (Photo : Gracieuseté)

L’organisme «Lest We Forget Community Veterans Committee» a reçu 400 000 $ d’Anciens Combattants Canada dans le cadre du Fonds pour le bien-être des vétérans et de leur famille.  C’est en partenariat avec l’East Prince Women Information Centre (EPWIC) que l’organisme verra à l’amélioration de la sécurité des femmes vétéranes et des vétéranes LGBTQ2+ de l’Île-du-Prince-Édouard. 

«Nous avons fait une demande conjointe pour ce premier partenariat», de dire Nancy Beth Guptill, présidente de l’organisme Lest We Forget Community Veterans Committee, de Summerside. Fondé en 1984, EPWIC offre déjà plusieurs programmes d’employabilité, d’autonomisation, de leadership et d’entrepreneuriat aux femmes de différents milieux de vie. «Nous avons l’infrastructure en place ainsi qu’un réseau pour rejoindre et répondre aux besoins des femmes», d’ajouter madame Guptill, également employée d’EPWIC. 

Selon les statistiques d’Anciens Combattants Canada (en date de mars 2020) on estime qu’il y a 3 900 vétérans à l’Île-du-Prince-Édouard. Approximativement 14 % sont des femmes pour un total d’environ 546 femmes vétéranes, mais on ne connaît pas encore le nombre de vétéranes LGBTQ2+.   

«Le projet est pour une période de deux ans et demi et sera un grand défi, car il sera fait au niveau provincial», de dire madame Guptill.  Nous préparerons un plan d’action et la première étape sera de former un comité représentatif des vétéranes de l’Î.-P.-É.  Nous allons ensuite entamer une recherche afin d’identifier les barrières auxquelles ces femmes doivent faire face et quelles sont leurs attentes quant aux besoins auxquels on peut répondre.  On sait qu’elles font face à plusieurs défis, dont l’itinérance, le chômage et les problèmes de santé. Il y a encore des stigmas du secteur privé qui ne veut pas embaucher des personnes LGBTQ2+.» On veut rehausser leur profil et faire leur promotion auprès des entreprises et des employeurs.    

Au cours de cette période, on devrait pouvoir donner deux sessions d’employabilité, deux d’entrepreneuriat ainsi que des services de counseling une à une.  «C’est une bonne opportunité que ce soit offert par des organismes non gouvernementaux», dit-elle, car plusieurs personnes sont plus à l’aise quand c’est offert par des gens de la communauté.»

Madame Guptill dit avoir hâte de débuter et on essaiera d’avoir plus de financement afin de pouvoir compter sur des ressources permanentes. Ce projet prévoit la création d’un centre de réussite des vétéranes de l’Î.-P.-É., le premier du genre à l’Île, afin de fournir des programmes d’entrepreneuriat et d’employabilité, des services de soutien à l’emploi, des services d’orientation de carrière et de mentorat, et des services globaux conçus pour répondre aux besoins uniques des vétéranes de l’Île », d’ajouter Nancy Beth Guptill.

«Les femmes vétéranes sont plus pauvres que leurs collègues masculins après l’armée », dit-elle. Des statistiques démontrent que lorsque les femmes quittent les forces pour retourner à la vie civile, elles gagnent de 20 à 50 % de moins. Elles sont plus isolées et ont moins d’appui, ayant plus de difficulté à se lier d’amitié avec des civiles. Et il est certain que la pandémie n’a pas aidé leur situation. De plus, les femmes vétéranes présentent, en moyenne, 1,8 fois plus de risque de suicide que les femmes canadiennes civiles. Les femmes vétéranes rapportent une transition à la vie civile plus difficile que les hommes, elles ont plus d’incapacités, plus de problèmes de santé mentale.

Historiquement, les hommes militaires ont toujours eu des groupes de soutien, comme la Légion royale canadienne, mais la majorité des femmes ne se reconnaissent pas dans ce genre de mouvement dominé par les hommes. Les femmes ont aussi plus de difficulté à s’identifier elles-mêmes comme vétérans, probablement parce que dans l’imaginaire collectif, un vétéran est toujours un monsieur.

«Le bien-être de nombreux vétérans et membres de leur famille a été profondément touché par la pandémie», de dire l’honorable Lawrence MacAulay, ministre des Anciens Combattants et ministre associé de la Défense nationale, lors de l’annonce du projet. «Toutefois, grâce à des initiatives innovantes de nos partenaires communautaires, les vétérans et les membres de leur famille obtiennent le soutien dont ils ont besoin. Nous sommes fiers de reconnaître les efforts extraordinaires de ces organismes et de fournir les ressources nécessaires pour qu’ils continuent leur travail essentiel. » 

Cela fait plus de 30 ans que les femmes sont admises dans toutes les sphères d’activités de l’armée, dont les postes de combat. En juin 2017, Anciens Combattants Canada a finalement fait des analyses comparatives entre les sexes. Ce n’est qu’en 2019 que le ministère des Anciens Combattants a décidé d’ouvrir le bureau de la condition féminine et des vétéranes LGBTQ2 pour mieux appuyer les femmes vétéranes dans leur transition à la vie civile. 

Pour l’instant cependant, les programmes seront seulement offerts en anglais, mais madame Guptill espère qu’ils seront éventuellement bilingues, c’est leur objectif.

- Claire Lanteigne / IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne

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