
Cory Rogers est fier d’offrir une expérience BBQ authentique, sans raccourcis et sans compromis. Passionné et talentueux, ses plats sauront vous inciter à en redemander. (Photo : Éric Bergeron)
La fin de semaine dernière, La Voix acadienne s’est rendue à la rencontre de Cory Rogers au «Blowing Smoke BBQ», à Richmond, pour faire le point sur la première saison de cette petite entreprise familiale à ce nouvel emplacement. Mise en garde : certaines images pourraient vous mettre l’eau à la bouche.
Anciennement situé à Borden, «Blowing Smoke BBQ» a élu domicile au début de l’été dans la cour à bois de la famille Arsenault, juste en face de l’ancien antiquaire Chez Pepe’s. C’est là que Big Red, la cuisine sur roues, s’était installée pour cette année. L’endroit a du charme : beaucoup d’espace, un décor rustique, des objets centenaires un peu partout. Mais ce qu’on remarque d’abord, avant même de descendre de la voiture, c’est l’odeur. Ce parfum savoureux et enivrant de boucane de BBQ.
«C’est avec le bois de pommier qu’Arlington Orchards nous fournit, mélangé au charbon de bois, qu’on fume nos mets », explique Cory Rogers. Boucher de métier, il passe ses fins de semaine ici, dans la fumée et la chaleur, lorsqu’il n’est pas derrière le comptoir de la boucherie à la Coopérative de Wellington.
Son fumoir se trouve à quelques pas de la cuisine : un enclos de bois recouvert de moustiquaire, construit par son épouse Donna. Trois fumoirs y ronronnent doucement, dont deux proviennent de la Virginie. Ceux-là ont la particularité de faire recirculer la fumée une deuxième fois avant de l’évacuer. «Ça me permet soit de réduire le temps de cuisson, soit d’accentuer le goût, selon ce que je veux obtenir», précise Cory. Il soulève le couvercle d’un des fumoirs et désigne fièrement une poitrine de bœuf juteuse, assaisonnée juste comme il faut.
«Tout est fait maison. Je prépare mes mélanges d’assaisonnements, et mes sauces sont particulièrement délicieuses», dit-il en souriant. L’hiver, il profite du répit pour expérimenter : fromage fumé, jerky, pastrami. «J’adore les mets fumés. On prévoit offrir ceux-ci sous peu.» Un soir, pour le plaisir, Cory et Donna ont fumé des saucisses à hot-dog, les ont assaisonnées, puis fumées une deuxième fois. Ce qui n’était qu’une idée pour rigoler pour le couple est devenu l’une des surprises de la saison. «Les clients en redemandent. On ne s’attendait pas à ça», raconte Cory. Les fameux “Hot Dog Burned Ends” sont à découvrir !
Dans la grande cuisine mobile, Cory prépare la commande d’un habitué. «Avoir des réguliers dès notre première saison à un nouvel endroit, ça fait vraiment chaud au cœur.» Il assemble un sandwich de porc effiloché nappé de sauce BBQ, complété d’une salade de chou maison. «Je râpe du chou et des carottes tous les jours. Les gens remarquent la fraîcheur. » À côté, une grosse marmite de fèves au lard mijote tranquillement : trois heures de fumoir, puis un long repos. Même scénario pour les côtes levées, déjà toutes vendues, et pourtant la journée ne fait que commencer.
L’une des fiertés de l’entreprise est de ne pas offrir de frites. «On sert plutôt de la salade de pommes de terre, de la salade de macaronis et bientôt un macaroni au fromage comme vous n’en avez jamais mangé», dit Donna. «On se démarque par la qualité.»
Même si la saison régulière est terminée, Blowing Smoke BBQ offre un service de traiteur à l’année. Mariages, événements, commandes spéciales : tout est possible. «On est en train de rénover notre VR pour faire plus de route et servir plus de clients», mentionne Donna.
Le couple était d’ailleurs présent en 2024 à l’Exposition agricole et le Festival acadien de la région Évangéline et se prépare déjà pour une autre année de rencontres et de découvertes culinaires.
Les clients ont été nombreux cet été. Malgré une ouverture tardive, l’engouement n’a pas cessé. Le temps d’une courte pause pour Cory, Donna et leur famille, question de mijoter quelques nouveautés, et l’ouverture prévue en avril prochain sera sans doute accueillie avec autant d’enthousiasme… et d’appétit.



- Par Éric Bergeron






