20 août 2026
Centre communautaire Wellington

Lucas Arsenault et Mitchell Richard devant le Centre d’affaires communautaire de Wellington, dont les deux cousins sont désormais propriétaires. Ils souhaitent préserver la vocation du bâtiment tout en y attirant davantage de services pour la région Évangéline.


Eric Bergeron

Lorsque la Société de développement de la Baie acadienne (SDBA) a entrepris, l’hiver dernier, de trouver de nouveaux propriétaires pour le Centre d’affaires communautaire de Wellington, elle insistait sur une condition : préserver les services et la vocation communautaire des lieux. Quelques mois plus tard, ce sont deux gars du coin qui ont choisi de prendre le relais, avec l’intention de poursuivre dans la même direction.

 

En achetant le Centre d’affaires communautaire, Lucas Arsenault et Mitchell Richard n’ont pas simplement ajouté un immeuble à leurs activités. Les deux cousins originaires de la région Évangéline ont aussi assumé la responsabilité d’un lieu qui rassemble depuis des années des organismes et services essentiels à la communauté francophone.

Ils abordent cette responsabilité sans projet de transformation ni promesse spectaculaire.

« On ne veut pas changer le village », résume Mitchell Richard.

Deux cousins entrepreneurs

Les deux hommes sont issus d’une grande famille bien connue du coin dont plusieurs membres y habitent toujours.

Le parcours de Lucas Arsenault l’a mené loin de la région Évangéline. Il a passé plusieurs années dans les Caraïbes, d’abord comme instructeur de kitesurf avant d’en faire une carrière comme représentant aux ventes.

De son côté, Mitchell Richard a quitté l’Île dans la vingtaine pour travailler en Alberta, où il a passé près de 11 ans avant de revenir dans sa région natale. Son retour était motivé par le désir de voir ses enfants grandir comme lui, dans la région Évangéline.


Les deux cousins se sont finalement retrouvés en affaires ensemble. Déjà propriétaires d’immeubles, ils ont réalisé des projets résidentiels avant de se lancer dans Maritime Building Materials, une entreprise de Wellington spécialisée dans la vente de matériaux de construction directement des fabricants.

Mitchell est à son propre aveu celui qui lance volontiers les idées tandis que Lucas se décrit plutôt comme celui qui les ramène sur terre. Lorsque son cousin lui a parlé pour la première fois du Centre d’affaires, sa réaction a d’ailleurs été catégorique. « Absolutely no », raconte-t-il en riant. L’idée a néanmoins fait son chemin

Garder ce qui fonctionne

Le Centre d’affaires communautaire est actuellement occupé à environ 70 %. On y retrouve notamment des bureaux gouvernementaux, des services de santé et différents organismes.

Pour les nouveaux propriétaires, la première priorité consiste à conserver ces locataires et à remplir progressivement les espaces disponibles. Ils n’ont aucune intention de bouleverser le modèle ni de chercher à maximiser les loyers.

« Le but, c’est de garder ça abordable pour les nouvelles entreprises et de conserver le côté petit village qui fait la force de la région », explique Mitchell.

Le bâtiment génère suffisamment de revenus pour fonctionner, disent disent-ils, mais les deux cousins sont conscients de l’importance de prévoir pour son entretien à long terme. Une partie du complexe occupait à l’époque l’ancienne Coopérative de Wellington et certaines composantes finiront inévitablement par devoir être remplacées.

Ils souhaitent donc constituer une réserve pour les travaux futurs et réinvestir progressivement dans l’immeuble.

« Ce n’est pas une machine à imprimer de l’argent », souligne Lucas. « Il faut penser à long terme. On investit dans la bâtisse et donc dans la communauté qu’on habite.»

Plus de services à Wellington

Leur plan n’est pas de simplement remplir les espaces vacants au premier venu afin de rentabiliser leur investissement.

Les cousins sont particulièrement conscients du rôle que joue le Centre dans l'accès aux services en français dans la région Évangéline. Ils désirent notamment voir davantage de services gouvernementaux et de santé offerts à Wellington.

Les installations du centre de santé les ont particulièrement impressionnés. Salles d’examen, réception et salle d’attente sont déjà aménagées, mais les deux hommes d’affaires estiment que l'infrastructure pourrait accueillir davantage de services.

« Ce serait vraiment bien d’avoir plus de services gouvernementaux à Wellington », avance Mitchell. Ils lancent donc une invitation aux organismes et aux gouvernements qui chercheraient un point d'accès dans l’ouest de l’Île. Leur expérience dans le domaine de la construction pourrait également faciliter l’adaptation d’un espace aux besoins d’un nouveau locataire.

Ils évoquent aussi la possibilité de rendre certains espaces, comme la salle de conférence, plus facilement accessibles aux groupes communautaires.

Les idées sont nombreuses, mais pour le moment, ils veulent surtout écouter les besoins et faire évoluer le Centre progressivement.

Cette prudence correspond assez bien aux deux cousins. Ils ne veulent surtout pas que l’achat soit perçu comme un trophée ou comme le geste de deux entrepreneurs venus garnir leur portefeuille d’investissements.

Ils ne cachent pas non plus que le Centre demeure une entreprise qui doit être rentable. Mais ils savent également ce dont ils viennent de prendre la relève.

« On vient d’ici, on vit ici », rappelle Mitchell.

Et pour les deux cousins, c’est précisément pour cette raison que l’endroit compte.

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