Le 29 octobre 2024
Sam Sanderson était à Mexico pour une mission de recrutement du 26 au 29 septembre dernier.
«L’industrie de la construction n’a jamais été dans une situation aussi stressante», de dire Sam Sanderson, directeur général de l’Association de construction de l’Île-du-Prince-Édouard (Construction Association of Prince Edward Island). «Il y a une pénurie de main-d’œuvre dans le secteur de la construction résidentielle par-tout au pays, non seulement à l’Île.»
Sam Sanderson ajoute qu’en consultant les constructeurs récemment, 60 % ont indiqué ne pas pouvoir soumissionner sur de nouveaux projets, n’ayant pas les employés pour les réaliser.
«Nous vivons la plus grosse crise de main-d’œuvre de notre histoire», dit-il. «Chaque jour, je reçois beaucoup d’appels, des textos et des courriels de nos membres qui me demandent s’il y a des employés disponibles. La pression est incroyable sur les entrepreneurs et certains disent penser à fermer leur entreprise. Ce n’est pas bon pour l’industrie et ils font aussi face à des défis financiers causés par la situation.»
On estime que 940 travailleurs, soit 14 % de la population active actuelle, devraient prendre leur retraite au cours des prochaines années. Pour chaque personne qui prend sa retraite, ça prend presque 2,2 nouveaux employés pour atteindre le même niveau de production. Il y a les habiletés, l’expérience et l’engagement au travail parmi des employés ayant 25, 30 et même 40 ans d’expérience et pour qui travailler 50 à 60 heures par semaine n’est pas un problème. Les jeunes n’ont pas encore cette expérience et ils travaillent différemment.
Missions de recrutement
«L’industrie ne peut pas se permettre de per-dre tous ces travailleurs», ajoute-t-il, «et nous travaillons à trouver des moyens de les remplacer.»
Les quatre associations de construction des provinces de l’Atlantique ont récemment participé à une mission de recrutement au Mexique City. Pendant trois jours à deux sessions quotidiennes, on a présélectionné 1 200 candidats. On a aussi fait de telles missions en Irlande et en Angleterre.
«Maintenant, le plus gros défi est de les faire passer à travers le processus d’immigration», dit-il. «Il y a tellement d’étapes dans le processus créé pour l’immigration. Nous ne cherchons pas des employés à court terme, mais à long terme et qui peuvent amener leurs familles et commencer une nouvelle vie ici.»
Il ajoute qu’il est difficile de garantir un emploi à ces personnes intéressées, ne sachant pas quand elles pourront arriver à l’Île. Il se peut que les constructions soient terminées à leur arrivée ou que les compagnies n’aient pas soumissionné sur de nouveaux projets, faute d’employés.
Ce sont les charpentiers qui sont le plus en demande; pour un électricien recherché, on a besoin de six charpentiers. On a aussi besoin de plombiers, maçons, conducteurs, gérants de projet, architectes, ingénieurs, etc.
«Pour une industrie aussi importante», conclut-il, «on le dit à la journée, il y a très peu d’investissements des gouvernements dans les métiers et dans la force ouvrière. Et j’en parle souvent avec les deux paliers de gouvernement. Si le secteur de la main-d’œuvre de l’industrie de la construction ne reçoit pas d’argent, on ne pourra tout simplement pas construire des maisons, des hôpitaux ou des écoles.»
Il se dit quand même très optimiste, croyant fermement que le succès sera éventuellement atteint dans certains secteurs de l’industrie.
- Par Claire Lanteigne






