
Sam Sanderson, président de la Chambre de commerce du Grand Summerside; la ministre Jenn Redmond; Kirk MacDougall, président-directeur général de MacDougall Steel Erectors; Mitch Martin, directeur général de la Chambre de commerce du Grand Summerside avec des membre de l'équipe de MacDougall Steel Erectors (MSE). (Photo : Gouvernement de l'ÎPÉ)
AMAYES HADJ AMAR– La Voix acadienne – IJL
Dans un contexte économique mondial incertain, l’Île-du-Prince-Édouard passe à la vitesse supérieure en éliminant les barrières commerciales avec ses voisins canadiens. Grâce à l’entrée en vigueur d’une nouvelle loi provinciale, la province mise sur la libre circulation des travailleurs et des marchandises pour stimuler sa croissance et renforcer sa compétitivité nationale.
Le 16 juillet dernier, la ministre du Développement économique, du Commerce et des Affaires intérieures, Jenn Redmond, a marqué un tournant important pour les entreprises insulaires. Lors d’un événement tenu à Borden- Carleton, le gouvernement a confirmé la mise en application officielle de la Loi sur le commerce et la mobilité interprovinciaux. Cette mesure législative, adoptée au printemps 2025, est désormais une réalité concrète depuis le 11 juillet 2026, positionnant l’Île comme unleader dans la réduction des tracasseries administratives au pays.
Un avantage concurrentiel reconnu par les entrepreneurs
Cette avancée n’est pas le fruit du hasard. La province a récemment été honorée par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), qui lui a décerné la note « A » pour ses efforts constants visant à faciliter le commerce intérieur. Pour une petite province axée sur l’exportation comme l’Île-du-Prince-Édouard, cette reconnaissance est capitale. Elle signifie que les produits et services de l’Île sont désormais plus facilement accessibles à travers le pays, ce qui ouvre la porte à des millions de clients potentiels pour les entreprises locales. Le Premier ministre, Rob Lantz, a souligné que cette loi est essentielle pour maintenir cette note d’excellence l’an prochain. Selon lui, il s'agit d'une étape logique pour consolider une économie nationale unifiée où les Insulaires peuvent profiter d'un choix accru de biens et services provenant des autres provinces, tout en facilitant la croissance des entreprises d’ici.
La mobilité des travailleurs : au coeur des priorités
Au-delà du simple échange de marchandises, cette loi s'attaque à un enjeu majeur : la mobilité de la main-d’oeuvre. En vertu de ce nouveau cadre, un professionnel certifié dans une province partenaire (comme le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle- Écosse, le Manitoba ou la Saskatchewan) sera automatiquement reconnu comme conforme aux normes de l’Île-du- Prince-Édouard.
Fini les processus complexes pour valider ses acquis à chaque changement de province. Zack Bell, ministre de la Main-d’oeuvre et des Études supérieures, a insisté sur le fait qu’une main-d’oeuvre plus mobile est le moteur d’une économie résiliente. En instaurant une norme de service de 10 jours pour la délivrance des permis, la province veut montrer qu'elle est sérieuse dans sa volonté d'accueillir les talents et d'aider les entreprises à combler leurs besoins en recrutement rapidement, malgré les pressions économiques mondiales.
Vers une réciprocité pancanadienne
Le système repose sur le principe de la « reconnaissance mutuelle ». Si une entreprise ou un professionnel respecte les règles dans sa province d’origine, il est accueilli à bras ouverts ici, sans obstacles inutiles. Actuellement, ce filet de sécurité économique inclut le gouvernement fédéral et quatre provinces, mais l'Île-du-Prince-Édouard espère bien voir d'autres provinces emboîter le pas à mesure qu'elles adopteront des cadres législatifs similaires.






