21 octobre 2026
Kathleen Couture, directrice générale de l'Association des centres de la petite enfance francophones. (Photo : Archives)
Le projet pilote « Grandir ensemble » propose aux élèves de 11e et 12e année de découvrir le travail auprès des enfants tout en accumulant des heures de bénévolat, des crédits scolaires et des bourses d’études. Quatre organismes francophones de l’Île-du- Prince-Édouard unissent leurs efforts pour offrir aux adolescents une expérience qui pourrait influencer leur choix de carrière.
À 16 ou 17 ans, on ne sait pas nécessairement ce qu'on veut faire dans la vie. On peut aimer les enfants sans avoir jamais envisagé de travailler auprès d'eux. C'est précisément à ces jeunes que s'adresse « Grandir ensemble », un projet qui leur permettra de découvrir un milieu professionnel tout en poursuivant leurs études secondaires.
L'initiative réunit l'Association des centres de la petite enfance francophones de l'Île-du- Prince-Édouard (ACPEFIPE), Jeunesse Acadienne et Francophone de l'Île-du-Prince-Édouard (JAFLIPE), le Collège de l'Île et la Commission scolaire de langue française (CSLF).
Pour Kathleen Couture, directrice générale de l'Association des centres de la petite enfance francophones (ACPEFIPE), l'objectif est de donner aux jeunes une occasion de découvrir les métiers liés à l'enfance et à l'éducation avant de devoir choisir une formation postsecondaire.
Un milieu de travail qui ne manque pas d'action
Les participants seront accueillis dans les clubs jeunesse des centres de la petite enfance francophones, où ils accompagneront les éducatrices responsables des enfants de 6 à 12 ans.
Jouer dehors, participer à des activités sportives, préparer des jeux, aider à distribuer les collations ou prendre part à l'animation des groupes : les tâches seront variées.
Il faut toutefois aimer les milieux animés. Les enfants bougent beaucoup, font du bruit et réclament de l'attention.
Les jeunes bénévoles devront donc faire preuve de patience, de ponctualité et de responsabilité.
« Ce qu’on recherche avant tout, ce sont des jeunes qui ont envie de participer, de s’impliquer et de découvrir le travail auprès des enfants », explique Kathleen Couture.
Une expérience préalable en gardiennage n'est pas nécessaire.
L'intérêt pour les enfants demeure cependant essentiel. Doudou Mukanda, directeur général de JAFLIPE, rappelle que le programme peut aussi permettre aux adolescents de découvrir des intérêts auxquels ils n'avaient jamais pensé.
Même si un participant décide éventuellement de choisir un autre métier, l'expérience lui aura permis de développer son sens des responsabilités, sa capacité à travailler en équipe et d'autres compétences transférables au marché du travail.
Une expérience qui rapporte
Les jeunes pourront effectuer leur bénévolat après l'école, pendant les journées pédagogiques ou certains congés scolaires. Des possibilités de stages coopératifs pourraient également leur permettre de combiner cette expérience avec leur parcours scolaire.
En accumulant 150 heures de bénévolat admissibles, ils pourront recevoir une bourse provinciale de 1 500 $. Ils auront aussi la possibilité de suivre gratuitement trois cours en ligne à double crédit, d'une valeur de 945 $, qui pourront compter à la fois pour leurs études secondaires et collégiales.
Ceux qui choisiront le programme d'éducation de la petite enfance au Collège de l'Île pourront également bénéficier de deux bourses de 500 $, offertes respectivement par le Collège et l'ACPEFIPE. Une formation en premiers soins, d'une valeur de 120 $, sera aussi prise en charge.
L'ensemble de ces avantages représente une valeur potentielle de plus de 3 500 $, selon le parcours choisi et les conditions d'admissibilité.
Une profession à redécouvrir
Kathleen Couture voit également dans ce projet une occasion de changer certaines perceptions concernant le travail en petite enfance. Elle rappelle qu'il y a une dizaine d'années, ce domaine était souvent considéré comme une solution de rechange pour les élèves qui réussissaient moins bien à l'école. Une perception qui, selon elle, persiste malgré la professionnalisation du secteur et l'amélioration des conditions salariales.
« Aujourd’hui, il s’agit d’une véritable profession, et non plus simplement d’un emploi », souligne-t-elle, précisant que le salaire d’une éducatrice qualifiée peut atteindre 30 $ l’heure.
En permettant aux adolescents de découvrir directement le travail des éducatrices, elle espère leur montrer les compétences et l'engagement que demande cette profession.
Le projet pourrait aussi intéresser des jeunes qui songent à travailler dans d'autres domaines, notamment la santé, où l'expérience auprès des enfants peut également être pertinente.
Un partenariat qui pourrait ouvrir d'autres portes
Pour cette première année pilote, les partenaires souhaitent accueillir un nombre limité de participants afin d'évaluer le fonctionnement du programme et ses retombées.
Celles-ci pourraient d'ailleurs profiter à une autre génération. Kathleen Couture souligne que les enfants de 6 à 12 ans auront l'occasion de côtoyer des adolescents qui participeront à leurs jeux et à leurs activités.
Ces derniers pourraient devenir des modèles et éventuellement donner aux plus jeunes le goût de s'engager à leur tour auprès de JAFLIPE.
Robert Bullen, président-directeur général du Collège de l’Île, voit déjà plus loin. « Notre intention est d’étendre ce modèle à d’autres domaines, notamment la santé et l’éducation spécialisée. »
Pour l'instant, « Grandir ensemble » entend surtout offrir aux adolescents l'occasion de découvrir leurs intérêts, de développer leurs compétences et, peut-être, de trouver leur future profession.
Les inscriptions sont ouvertes tout au long de l'année scolaire, selon les places disponibles. Les élèves intéressés peuvent communiquer avec JAFLIPE au 902-598-7571 ou à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..






