Janvier 2019

Donnie et Christine Arsenault sont les propriétaires d’une entreprise florissante à Wellington, qui combine une station-service, un lave-auto, un dépanneur, et depuis quelque temps, une quincaillerie.  Donnie possède aussi une petite entreprise de ventes d’autos usagées et le couple a maintenu le bar laitier Coolers pendant environ 20 ans.    

Suivre le parcours de Donnie Arsenault en affaires, c’est un peu comme revivre l’histoire du village de Wellington depuis les années 1970.  De sa toute première entreprise à l’âge de 16 ans : la cantine au Centre Vanier de Wellington lors des bingos, jusqu’à l’ouverture récente de la nouvelle quincaillerie, en passant par la vente d’autos usagées et la gestion d’un bar laitier, Donnie Arsenault est un pilier incontournable du monde de l’entreprise dans la région Évangéline.     

«À 16 ans, je gérais la petite cantine du Centre Vanier.  J’achetais les marchandises au magasin Rogers & Arnett à Summerside à mon compte et je les revendais.  C’était en 1972.  J’étais encore à l’école Évangéline».

Cette première expérience en affaires ne l’a cependant pas détourné de son intention de devenir mécanicien.  Une fois son diplôme d’études secondaires obtenu, il s’est dirigé vers Holland College pour apprendre son futur métier.  Il a été embauché aux garage et station-service de Franky et Ivan, qui était situé là où se trouve actuellement la quincaillerie.  «J’ai travaillé pour eux jusqu’en 1982.  Puis, la compagnie Irving m’a offert de gérer la station-service qui était à côté de l’ancienne coopérative, qui correspondrait à présent au stationnement du Collège de l’Ile.  La compagnie Irving me connaissait parce que j’avais travaillé pour eux durant mes études au secondaire et au collège.  J’ai fait cela jusqu’en 1991, puis j’ai acheté le garage où j’ai commencé ma carrière de mécanicien.  C’était Texaco quand je l’ai acheté et j’ai opté pour Esso».

En 2003, il a construit le dépanneur et y a déménagé les pompes à essence, tout en ajoutant le diésel et l’huile à fournaise dans les anciennes pompes.  «C’est toujours la même chose pour moi.  Je vois un besoin, et j’essaie d’y apporter une solution.  Dans la région, les fermiers et les pêcheurs avaient besoin de diésel pour leurs équipements, et l’huile à fournaise, c’est très pratique pour les gens qui ne veulent pas ou qui ne peuvent pas acheter de grandes quantités d’huile à chauffage à la fois, parce que ça coûte cher.  Le dépanneur, c’était une façon de mieux répondre aux besoins de nos clients», dit l’entrepreneur.

Quincaillerie depuis toujours

Depuis le magasin Arsenault et Gaudet jusqu’à ce que la coopérative de Wellington décide de se départir de sa section quincaillerie pour aménager un magasin de vente d’alcool, il y a toujours eu une quincaillerie à Wellington.  «Je sentais que ça manquait.  Tout le monde devait aller à Summerside pour se procurer ce dont ils avaient besoin.  Si ça ne marchait pas, il fallait retourner à Summerside.  C’était tannant.  Et puis, les gens d’ici sont des “patenteux”.  Ils aiment arranger leurs choses eux-mêmes.  Depuis qu’on a ouvert, vers la mi-octobre, ça se passe très bien.  Les chiffres nous montrent qu’on a eu raison», dit celui qui sait calculer ses risques. 

L’ouverture de la quincaillerie n’a pas, pour le moment du moins, nécessité l’embauche de personnel supplémentaire.  «Nous avons installé une cloche et chaque fois que la porte de la quincaillerie s’ouvre, ça sonne dans le dépanneur.  Tout de suite, quelqu’un s’y rend.  Pour le moment, ça marche bien comme ça».

Un des défis en affaire, surtout dans une entreprise de service, est d’avoir la bonne quantité d’employés pour le montant de travail à faire.  On ne veut pas avoir des employés à rien faire en attendant qu’il se passe quelque chose, mais on ne veut pas non plus que les clients attendent des heures, parce qu’il n’y a pas assez d’employés.  Avec le dépanneur, la station-service, la quincaillerie et même, un mini service de garage un jour par semaine, Donnie Arsenault tient ses quelque 20 employés occupés, et toujours prêts à servir.    

Les affaires se vivent en famille

«J’embauche souvent des jeunes de 15 ou 16 ans.  Je prends le temps de les former pour qu’ils se sentent à l’aise, et j’aime qu’ils restent avec nous au moins jusqu’à la fin de leur secondaire.  J’arrange leurs horaires de travail pour que ça ne nuise pas à leurs études.  S’il y a une chose que j’ai apprise dans le courant de ma carrière, c’est que les études, c’est très important.  Mes employés, je les encourage à continuer leurs études», dit ce père de deux fils.  Le plus jeune termine ses études pour être enseignant cette année, tandis que le plus vieux travaille dans l’entreprise familiale à temps plein, après avoir suivi une formation en réseaux informatiques au Collège de l’Île. 

«Notre plus vieux, à Christine et à moi, est libre de travailler ici ou d’essayer autre chose.  Mais en même temps, on a construit avec les années une belle entreprise et j’aimerais qu’elle reste dans la famille.  Mais le plus important, c’est d’être heureux avec le mode de vie qu’on a choisi.  Moi, j’aime le défi de chaque jour, j’aime trouver des solutions, j’aime qu’il n’y ait pas de routine.  Si je voulais travailler de 9 h à 17 h tous les jours et être libre les fins de semaine, je serais malheureux, et ma femme Christine aussi.  Je n’aurais pas pu construire cela sans son aide».

Au cours de ses années en affaires, Donnie a eu la chance de côtoyer toutes sortes de personnes : des clients, mais aussi d’autres gens d’affaires et d’autres propriétaires d’entreprises de service.  «J’ai toujours appris beaucoup en observant, en posant les bonnes questions et surtout, en écoutant les réponses.  Si on identifie mal le défi qu’on rencontre, on ne se pose pas la bonne question et on ne reçoit pas la réponse qu’il nous faut.  Mon idole dans le monde des affaires, Jim Treliving, dit un peu la même chose.  Il faut savoir évaluer nos idées pour éviter d’être entraîné dans la mauvaise direction.  Il faut toujours se remettre en question», dit l’homme d’affaires acadien, auquel ces quelques principes simples semblent avoir réussi. 



- Jacinthe Laforest

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