Mai 2020

Marcel Richard, est le propriétaire de «Marcel Hair Design», situé sur la rue Crescent à Summerside.  Il a rouvert son salon de coiffure le 22 mai.  (Photo : J.L.)


Coiffeur depuis 40 ans, Marcel Richard a rouvert son salon le 22 mai, avec grand plaisir et anticipation.  La fermeture a été tellement subite.  «Et en même temps, les clients n’étaient pas comme d’habitude.  J’en avais qui appelaient pour annuler.  Je sentais qu’ils cherchaient des excuses pour ne pas dire qu’ils avaient peur.  Et on a eu la nouvelle que tout devait fermer», raconte le coiffeur.

En général, les clients fidèles reviennent aux six à huit semaines.  Au début de chaque nouvelle semaine de confinement, Marcel Richard appelait ses clients de cette semaine-là, pour leur dire que ça ne serait pas possible.  Après deux mois, il fait la même chose, en sens inverse.  «Par soucis de justice, j’appelle mes clients dans le même ordre où j’ai dû annuler.  Vu que tous les salons ouvrent en même temps, je crois que nous serons tous très occupés durant ces premières semaines», dit le coiffeur. 

N’ayant qu’une seule chaise, il croit qu’il n’aura pas trop de difficultés à appliquer les consignes.  «Je vais demander aux clients de ne pas toucher tous les produits à vendre et plutôt de me demander les produits qu’ils veulent.  On nous demande aussi de faire le ménage entre chaque client, de désinfecter toutes les surfaces que nos clients ont touchées.  Ça ne me dérange pas.  Et d’une façon, c’est bon que les clients voient qu’on prend les mesures au sérieux.  Et aussi, nous allons porter un masque, et nos clients aussi.  Ça va être différent».

Très jeune, Marcel Richard était déjà fasciné par le monde du cheveu.  Il allait chez le coiffeur et il était toujours fasciné par les mouvements des ciseaux.  Il a réussi à s’inscrire au programme de formation de Holland Collège, un an après avoir obtenu son diplôme d’études secondaire de l’École Évangéline, et parce qu’il avait travaillé un an avant d’entrer dans le programme, il avait pu percevoir son assurance-emploi en même temps qu’il suivait son cours. 

«Je n’ai jamais regretté mon choix.  J’ai commencé à travailler tout de suite dans les salons de Summerside, puis, en 1990, j’ai ouvert mon premier salon au centre-ville, avec cinq coiffeuses.  En 1993, j’ai déménagé mon salon dans notre maison, que nous avions construite avec ce but en tête».

Durant cette période, il est passé de gérant à propriétaire d’un salon avec cinq employés, à un salon où il travaille seul.  «J’aime ça parce que je peux me consacrer complètement à mon client ou à ma cliente.  J’adore mon travail, et je veux être là pour mes clients».

Tout au long de sa carrière, Marcel Richard a suivi des cours, pour se perfectionner.  Il avoue que le grand salon commercial de la coiffure à Halifax ce printemps, qui a été annulé, lui a beaucoup manqué.
 
«La coiffure c’est un beau domaine pour une personne qui a un côté créatif et aussi un côté administratif.  J’ai toujours fait ma tenue de livres, et je continue à le faire.  J’ai un comptable seulement pour la fin de l’année». 

Au bord de la soixantaine, après 40 ans de carrière, en excellente santé, Marcel Richard n’est pas encore prêt à contempler la retraite.  «Quoique, c’est drôle parce que les deux derniers mois, avec ma femme Colette qui n’avait pas de travail elle non plus, on s’est dit que si c’était ça la retraite, ça ne serait pas si mal.  Lorsque le temps viendra, et pas avant plusieurs années, je vais m’assurer que mes clients soient bien traités», dit-il.
 

Pendant les deux derniers mois, Marcel Richard, n’ayant pas de travail, a eu accès à la prestation canadienne d’urgence.  Sa femme Colette, ayant dû fermer sa garderie familiale, a aussi demandé et obtenu la prestation canadienne d’urgence. 

- Par Jacinthe Laforest

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