30 Janvier 2022
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Amanda et Al Ferrish, propriétaires du studio de tatouage Classy Tattoo Co.  (Photos : Gracieuseté)


Selon l’institut IPSOS (sondage IPSOS 2019), un Canadien sur trois âgé de 18 à 36 ans aurait au moins un tatouage.  Fini le temps où ceux-ci étaient réservés aux «mauvais garçons», aujourd’hui hommes, femmes, classe moyenne, classe aisée et même diplomates et politiques, se laissent séduire par cet art corporel.

Amanda Ferrish est une francophone originaire de la région Évangéline, fille d’Hélène Bergeron membre et fondatrice du groupe Barachois.  Al Ferrish est anglophone, né et élevé dans la région de Summerside.  Ils sont tous les deux propriétaires du studio de tatouage Classy Tattoo Co, situé au 251 rue Water, à Summerside.

Mariés depuis une vingtaine d’années, ils sont rentrés ensemble dans le monde du tatouage, pour lui, et du perçage sur corps, pour elle.  «Pour moi, tout a commencé lorsque je me suis fait tatouer pour la première fois.  J’ai été fasciné.  Après ça je me suis dit qu’il fallait à tout prix que j’apprenne le métier», explique Al.  Et c’est avec force et persévérance, sans ne jamais perdre de vue son désir d’évoluer dans son milieu de travail et d’apprendre le métier qu’il a finalement obtenu un stage chez un artiste tatoueur.  «Finalement après avoir demandé pendant deux années à un professionnel de me former, il m’a proposé de me prendre comme stagiaire et m’a indiqué qu’il recherchait également un stagiaire pour du perçage sur corps.  J’en ai parlé à Amanda qui a tout de suite accepté et nous avons déménagé à Moncton pour une année d’apprentissage et de formation». 

La suite de l’histoire prouve qu’Amanda et Al ont eu grandement raison de poursuivre leurs rêves et de prendre cette décision.

Le monde du tatouage n’a cessé d’évoluer sur les 10 dernières années, tant sur le style de tatouages demandés que sur la clientèle «Lorsque nous avons commencé nous étions ce que l’on appelle un «studio rapide», indique Al.  «Les œuvres étaient exposées sur les murs et les clients avaient qu’à choisir ce qu’ils souhaitaient se faire tatouer».  Au vu des beaux travaux de tatouages réalisés, que l’on peut retrouver notamment sur leur page Facebook @ClassyTattooCo est évident que ce temps est bel et bien révolu.  «Notre façon de tatouer a changé.  Aujourd’hui, les projets sont plus personnalisés, plus travaillés et plus minutieux, souligne Al.  «Il y a une plus grande liberté et d’expression artistique aujourd’hui que 15 ou 20 ans passés», ajoute Amanda.

Plusieurs facteurs expliquent ces changements dans l’industrie et cette acceptation d’un art qui était encore interdit à New York City jusqu’en 1997, et la télévision et les réseaux sociaux en font partie «Avec les réseaux sociaux les gens voient les tatouages des uns et des autres.  Les célébrités en ont, les médecins en ont, les avocats en ont, donc pourquoi ne pas en avoir aussi.  Et puis, il y a aussi ces séries télé comme «Miami Ink», qui ont ouvert l’imaginaire des gens.  Ils ont compris qu’ils avaient leur mot à dire dans le choix et l’exécution de leurs tatouages», indique Al Ferrish.

L’univers du tatouage en a traversé des changements et bouleversements et la crise sanitaire aurait pu en faire partie, mais ici à l’Île-du-Prince Édouard, ça n’a pas été le cas, bien au contraire «La Covid a été positive pour nous.  On n’a jamais été aussi occupés.  Les gens ne peuvent pas voyager, ils ne peuvent pas assister à des concerts et se demandent ce qu’ils peuvent faire qui est sécuritaire et pour beaucoup la réponse est d’aller se faire tatouer», explique Amanda.

Si la grande majorité des habitants de l’Île-du-Prince-Édouard se sent chanceuse de la manière dont la crise sanitaire est gérée depuis maintenant deux ans, Amanda et Al, en tant que propriétaires d’une petite entreprise se sentent encore plus reconnaissants «Nous nous considérons vraiment très fortunés de la manière dont les choses se sont passées et continuent de se passer pour nous», conclut les propriétaires.

Malgré des restrictions mises en place par le conseil d’administration de Santé Î.-P-É., qui les ont amenés à passer d’un studio «sans rendez-vous» à un studio «sur rendez-vous» uniquement, l’impact financier ne s’est pas fait ressentir.  Classy Tattoo Co reste opérationnel 5 jours par semaine et le temps d’attente pour obtenir un rendez-vous est d’environ 2 à 3 mois.

Alors comme on peut le témoigner, l’entreprise va très positivement même dans la crise de la pandémie de la COVID-19.  

- Angéline Herlory

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Le studio est situé au 251, rue Water à Summerside.

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