29 août 2022
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Ghislain Jutras, alias Gigi, devant la camionnette/campeur dans laquelle il poursuit son odyssée bio

Invité au Festival du 15 août pour «caller» des danses carrées et jouer de l’accordéon, Ghislain Jutras a aussi profité de son court séjour à l’Île pour établir un contact avec des producteurs en agriculture biologique, lui qui a entrepris, en 2020, de documenter les quelque 50 ans d’histoire du mouvement agricole biologique au Québec dans un projet appelé «L’Odyssée Bio de Gigi».  Son but ultime est de préserver et de partager le savoir phénoménal accumulé depuis les années 1970, un savoir qui servira à tous, autant les producteurs que les consommateurs.

Quelle passion, entre la musique et l’agriculture biologique, s’est développée en premier chez le jeune Ghislain Jutras?  Ce serait bien inutile de le savoir, car au fond, les deux cohabitent de façon harmonieuse et complémentaire, et apportent à leur hôte des occasions de rencontrer des foules de gens, de voyager (dans plus de 25 pays), et de se faire des amis un peu partout.  

«Ça fait une bonne dizaine d’années que j’ai des contacts avec les Maritimes, surtout sur le plan musical.  Lors d’un voyage aux Îles-de-la-Madeleine, vers 2015, où je jouais de la musique, j’ai rencontré Pierrette Arsenault, qui accompagnait une troupe de danse.  On est restés amis.  J’ai eu l’occasion de revenir à l’Île à quelques reprises, j’ai développé une belle amitié avec Vishtèn, etc.  Et encore ce week-end, c’est la musique qui m’a amené à passer quelques jours à l’Île, mais l’agriculture biologique, mon autre passion, ne reste pas longtemps au second plan», dit le jeune homme.  

Ghislain Jutras a été lui-même maraîcher biologique, tout en étant chargé de cours en agriculture biologique à l’Université Laval à Québec et directeur de la ferme-école au Cégep de Victoriaville : plus de 15 années intenses où il a accumulé un savoir considérable, où il a aussi contribué à former la «troisième» génération d’agriculteurs biologiques, alors que lui-même se considère de la seconde génération.  

L’Odyssée bio de Gigi vient au monde

L’année 2020 n’était pas seulement l’année de la pandémie.  C’était aussi, au Québec, le 50e anniversaire du «premier» retour à la terre, qui a vu de nombreux jeunes, à l’époque, faire le choix de ce qu’on appelle aujourd’hui l’agriculture biologique, au début des années 1970.  

«Ces pionniers des premières heures, à l’origine de la naissance du mouvement pour l’agriculture biologique, allaient prendre leur retraite.  Je trouvais cela important de documenter l’évolution de l’agriculture bio comme eux ils l’ont vécue, et j’ai fait le projet de me lancer à la rencontre de ces pionniers, pour capter leurs souvenirs, leur savoir, les enjeux, les contextes dans lesquels ils vivaient, la politique, etc.  C’est là que l’Odyssée bio de Gigi est arrivée.  La pandémie m’a ralenti un peu, mais j’ai tout de même réussi à rencontrer des producteurs bio dans toutes les régions du Québec, et pas seulement les pionniers, et pas seulement les fermes de maraîchage.  L’agriculture bio, c’est plus que des légumes», soutient Ghislain Jutras. 

Le wiki maraîcher : récolte en novembre

Quelque 100 heures d’enregistrement plus tard, des milliers de photos et de vidéos, en plus de son propre savoir de prof et d’agriculteur bio, Ghislain Jutras ne craint pas que cette base de données colossale reste dans l’ombre, car en cours de route, il a développé le projet d’un site web de type wiki, le wiki maraîcher, qui rendra accessible et consultable une quantité phénoménale de connaissances regroupées et classées par sujet.  Une équipe de passionnés s’active depuis près de deux ans autour de cette future «encyclopédie collaborative du maraîchage biologique diversifié».  

«Nous utilisons le modèle wiki, mais contrairement à l’encyclopédie bien connue (à laquelle tout un chacun peut ajouter son mot) notre site aura un nombre limité de contributeurs, et tous devront être des producteurs bio ou des gens qui œuvrent dans ce domaine, et qui partagent nos valeurs.  Notre site devrait être lancé fin novembre.  Tout le monde pourra le consulter, du jardinier qui veut des trucs pour gérer les insectes, au consommateur qui veut en savoir plus sur ce qu’il achète et ce qu’il mange».

Ghislain Jutras insiste sur le fait que l’agriculture biologique n’est pas la solution universelle à tous les maux de la planète.  «L’agriculture biologique, ce n’est pas la panacée.  Toute forme d’agriculture a pour effet de modifier la nature et la biodiversité sauvage.  Nous n’avons pas vraiment le choix de produire des aliments.  Il faut tenter de le faire avec le moins d’impact possible».

De plus en plus, l’agriculture biologique est considérée comme faisant partie de ce qu’on appelle l’agroécologie, c’est-à-dire l’agriculture qui prend en compte la nature dans laquelle on la pratique.  

Les personnes qui voudraient en savoir plus sur l’Odyssée bio de Gigi, et sur d’autres structures de soutien à l’agriculture biologique au Québec (pourquoi réinventer la roue?), peuvent consulter le site web www.odysseebio.com, ainsi que ses comptes Facebook et Instagram. 

-Jacinthe Laforest / IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne

Jutras2Le site Facebook de «L’Odyssée Bio de Gigi» se trouve au www.facebook.com/odysseebiogigi

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