Le 24 septembre 2024
Éric Arsenault prendra sa retraite au printemps prochain et, pour s’y préparer, il entraîne Logan Desroches pour lui succéder. Depuis 1993, Éric est l’ingénieur-chef de l’usine Acadian Supreme Inc., d’Abram-Village, l’un des plus grands transformateurs de homard de l’Île-du-Prince-Édouard. On travaille six jours par semaine, parfois sept, car le homard ne planifie pas ses arrivées.
«C’est terriblement difficile de trouver de la relève», de dire Éric, «car il y a beaucoup de compétition pour embaucher des ingénieurs. De plus, il y en a seulement 12 qui prennent le cours chaque année au Collège Holland, puisqu’il n’y a qu’un enseignant. On en aurait besoin de 20, car certains quittent la province et il nous en reste moins pour l’Île. »
Il y a actuellement trois ingénieurs qui travaillent à l’usine, mais il en faut un quatrième. Il y a un jeune qui prend actuellement le cours.
«Sept ans passés, j’ai affiché un poste d’ingénieur permanent au Centre d’emploi et Logan Desroches a posé sa candidature», de poursuivre Éric. «Lors de l’entrevue, j’aipu comprendre qu’il était responsable, intéressé à apprendre et à donner son 100 %.»
Éric ajoute que Logan apprend bien, car il faut travailler assez longtemps dans l’industrie pour bien comprendre les différents secteurs qu’on y retrouve, dont les chaudières à vapeur avec ammoniac. Logan n’avait jamais été dans unetelle usine et ça prend du temps pour tout apprendre. «Il n’était pas confortable à travailler avec l’électricité, alors j’ai embauché quelqu’un pour s’occuper de cela», ajoute-t-il.
Logan a pris son cours d’ingénieur en Alberta, où il conduisait des camions. Originaire de Tignish, il voulait revenir à l’Île, tout comme sa conjointe originaire de Tyne Valley.
Selon Éric, il n’est pas facile pour les jeunes de prendre en charge toutes les responsabilités de leur nouveau travail, mais les choses changent quand même. L’équipement est plus moderne et on doit utiliser plus d’ordinateurs, ce avec quoi ils sont plus à l’aise.
Une longue carrière
Natif d’Urbainville, Éric a fait ses études à l’École Évangéline. «Je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire après mon secondaire», dit-il, «et j’ai pris un cours en microbiologie à Moncton.»
De 1977 à 1984, il travaille ensuite à l’usine Summerside Seafood, qui met des produits en conserve et ça demandait de la mécanique afin de résoudre les problèmes avec les boîtes de conserve et les autoclaves.
En 1984-1985, il travaillait à l’usine la nuit et prenait un cours de Technologie dans les pêches au Collège Holland, le jour de 8 h à 16 h.
Il travaille ensuite pendant deux ans dans une petite usine dans l’ouest de l’Île où on mettait différents produits en conserve, selon la demande des gens. C’est finalement à la Coop de Croustilles de l’Île-du-Prince-Édouard, qu’il travaille de 1986 à 1993.
En mai 1993, il prend son cours d’ingénieur au Collège Holland et travaille à l’usine Acadian Supreme Inc. depuis 31 ans.
«Même si je prends ma retraite», de conclure Éric, «j’ai assez d’intérêt dans l’usine pour voir à son succès, même quand je serai parti. J’ai dit au patron que je ferai de mon mieux pour aider dans mon temps et pour les problèmes jugés importants. C’est bien entendu qu’on appellera Logan en premier, en cas de problème, mais je ne serai jamais trop loin pour aider au besoin. L’usine est à deux minutes de chez moi. »
D’ici son départ, il lui reste quelques petits projets très avancés à réaliser à l’usine. Il ajoute en riant que ce n’est pas facile de prendre une retraite complète, mais travailler une journée par semaine serait bien pour couvrir les petites dépenses.
- Claire Lanteigne






