1 juin 2025

Michelle Arsenault, directrice de ServiceRH ÎPÉ et Bonnie Gallant consultante et employée à temps partiel pour l’organisme. (Photo : Gracieuseté)
Le projet pilote qui a permis de mettre en place le ServiceRH ÎPÉ (centre de partage des coûts qui offre des services en gestion des ressources humaines pour le secteur communautaire acadien et francophone de l’ÎPÉ) a pris fin le 31 mars dernier et il est maintenant autosuffisant.
«Ce projet découle de la SAFÎle», de dire Michelle Arsenault, la gestionnaire du projet. «L’organisme avait fait une étude de restructuration des organismes communautaires et avait identifié le besoin pour la création de services administratifs partagés.»
Michelle a plus de vingt ans d’expérience de travail au sein de la communauté acadienne et francophone de l’Île. En avril 2015, elle est devenue directrice de ServiceFinances ÎPÉ, qui a connu un grand succès et est maintenant en plein essor avec sept employés, dix-neuf organismes et un budget combiné de plus de neuf millions de dollars.
«Avec mon expérience en services partagés, je connaissais bien les besoins et j’ai été embauchée pour mettre sur pied ce nouveau service pour les ressources humaines», dit-elle. En 2020, elle fait des demandes de financement auprès d’Action rurale et de l’APÉCA et en 2021 ServiceRH ÎPÉ est lancé avec douze organismes francophones partenaires et une liste de services de base. «Il faut dire que les ressources humaines c’est différent des finances», dit-elle, «et il faut des experts dans divers secteurs.»
Services partagés
ServiceRH ÎPÉ offre des services partagés en gestion des ressources humaines au secteur communautaire acadien et francophone de l’Î.-P.-É. Il assure un niveau élevé de conseils professionnels et permet aux directions générales et aux conseils d’administration d’avoir accès à des renseignements et des outils pertinents en gestion des ressources humaines dans un délai raisonnable. Les employé.e.s de chacun des organismes partenaires ont accès au service pour répondre à des questions d’interprétation.
«Souvent les organismes ont des besoins différents et on peut offrir des services additionnels pour y répondre» d’ajouter Michelle. «C’est vraiment réinvestir de notre temps dans la communauté, d’aller chercher des experts avec des contrats temporaires. Nous avons fait du chemin au cours des quatre dernières années, en focussant sur les conditions de travail, les avons harmonisés entre les partenaires et sur le fonctionnement. Nous avons un nouveau plan REÉR et les bénéfices, dont les salaires, ont été améliorés. Il reste du travail à faire pour essayer d’atteindre les normes du marché. Les organismes n’ont pas le temps de tout faire et vont souvent se baser sur ce qui existe à la SAFÎle.»
Au niveau du roulement du personnel, on a fait l’analyse en 2021 et c’était 30 %; on a refait l’analyse en février 2025 et c’est 14 %, donc on a une meilleure stabilité dans nos organismes.
«Pour poursuivre nos activités, on a décidé d’offrir des services sur mesure à deux nouveaux organismes : le Collège de l’Île et la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse», de dire Michelle. «Des contrats ont été signés et il y a une période d’évaluation de six mois. On demande des montants forfaitaires pour les services sur mesure aux non-partenaires. Il y a souvent des besoins d’appui dans le communautaire, mais pas assez pour les ressources humaines et ça soulage les directions générales qu’on soit là pour les aider.»
Intégration des nouveaux employés
Michelle ajoute qu’on vient de déposer une demande de financement qui les amènerait à mars 2027, afin de développer l’accueil et l’orientation des employé.e.s. Ces éléments étaient identifiés dans le plan d’action du projet-pilote et permettraient à ServiceRH de jouer un certain rôle plus générique pour l’intégration des nouveaux employés dans le secteur communautaire. Il y aurait quelque chose dont chaque employé.e pourrait bénéficier afin de bien comprendre son rôle et on pourrait établir une clé pour le succès.
Selon elle, il faut réinvestir dans le développement d’outils et il y a de grands besoins de développer de nouvelles choses, dont offrir de la formation continue aux organismes.
«Comme nous», poursuit-elle, «le gouvernement est intéressé à l’informatique et il se fait encore beaucoup de gestion manuelle. On continuera d’intégrer des développements technologiques importants pour nos partenaires au cours de la prochaine année. On aimerait voir comment on pourrait tout centraliser, comme les vacances, l’évaluation du personnel, etc. Ça fait partie de comment on peut s’améliorer.»
Guichet d’emploi
Depuis avril, ServiceRH travaille à centraliser le recrutement d’employé.e.s au sein de ses partenaires. «On a vraiment réfléchi aux services partagés et on avait besoin de centraliser le recrutement. Pour promouvoir les emplois, il faut bâtir un réseau. Il comprendra des témoignages, de l’information générique, le profil de chaque organisme avec son propre mandat, etc. En juin, ServiceRH aura sa propre page Facebook, Instagram et LinkedIn afin de promouvoir le communautaire francophone comme un milieu de travail attrayant», poursuit-elle.
Michelle ajoute que, parmi d’autres objectifs, on aimerait participer à des Salons de l’emploi et connecter avec les collèges et universités. On voudrait développer de nouveaux contrats de services sur mesure. Le recrutement d’employé.e.s a changé, on doit s’adapter. On a besoin de plus de temps pour former du monde et le réseau va permettre de naviguer plus facilement.
Michelle continue d’agir comme gestionnaire de ServiceRH avec l’appui de Jean-Paul Arsenault, spécialiste en ressources humaines et Bonnie Gallant, consultante.
Partenaires fondateurs
ServiceRH ÎPÉ est régi par une convention qui établit la relation avec et entre les douze partenaires fondateurs : SAF’Île, Cap enfant, La Voix acadienne, Jeunesse Acadienne et Francophone de l’ÎPÉ, Actions Femmes ÎPÉ, Association des Francophones de l’âge d’or de l’ÎPÉ, Carrefour de l’Isle-Saint-Jean, Conseil acadien de Rustico, Conseil scolaire-communautaire Évangéline, Conseil Rév. S.-É.-Perrey, Conseil acadien et francophone de l’Est et La Belle-Alliance.
- Par Claire lanteigne






