5 juin 2025
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Ernesto Catapang au temps de la traite des vaches. Il fait une courte pause pour la photo. (Photo : Marcia Enman)
 
Ernesto Catapang, originaire des Philippines, travaille à la Ferme Bernadale de Saint-Philippe, depuis septembre dernier. C’est comme par hasard que Gilles Bernard, le propriétaire de la ferme, a entendu parler d’Ernesto.  «Une journée un gars est arrivé à la porte et m’a demandé si j’avais besoin de quelqu’un pour travailler», de dire Gilles.  «J’avais justement besoin de quelqu’un à temps plein et je lui ai demandé si c’était lui qui cherchait du travail.  Il m’a répondu : non c’est mon cousin et il est à Toronto. Mais il peut arriver demain.»

Tania Bernard, la conjointe de Gilles, ajoute que ça a pris du temps après avoir rempli les papiers EIMT (LMIA) avant qu’il obtienne un permis de travail. «Mais il est maintenant ici pour deux ans», dit-elle.  «Ernesto n’avait aucune expérience d’une ferme et nous avons pris notre temps avec lui afin de bien l’entraîner», d’ajouter Gilles,«et ça va assez bien.  Les jeunes gars d’ici peuvent conduire un tracteur sans problème, mais pas lui.  Et il veut faire sûr de bien faire ce qu’il apprend avant de le mettre en pratique, alors ça prend un peu plus de temps.»  

Heureux d’être ici

«Je ne suis pas heureux de travailler ici, mais très très très heureux», de dire Ernesto avec enthousiasme. «J’aime beaucoup le travail que je fais et j’apprends de plus en plus chaque jour.  C’est toute une opportunité de pouvoir travailler ici et je suis bien chanceux que Gilles avait besoin d’un employé.  J’apprends à être un bon fermier et je suis content d’aider mon patron, qui m’entraîne à faire toutes sortes de choses. Je planifie rester ici même s’ils ne veulent plus de moi», dit-il en riant.

Un bon travaillant

Le troupeau de la ferme laitière Bernadale compte aujourd’hui 80 vaches à traire chaque jour, un chiffre qui monte à 285 en comptant les animaux dédiés au commerce et à l’élevage.

Ernesto voit à la traite des vaches deux fois par jour avec Gilles.  Il nettoie les étables, soigne les animaux et les nourrit.  «Il est très propre et aime beaucoup nettoyer», d’ajouter Gilles.  «C’est un employé qui est très gentil  et veut travailler.»

Gilles a déjà eu deux jeunes Français qui ont fait un stage à la ferme. Actuellement, il a un employé à temps plein et quatre à temps partiel en plus de son père et sa mère qui y travaillent encore.   

L’épouse d’Ernesto et ses deux enfants de 12 et 13 ans sont aux Philippines.  Il dit qu’il aimerait bien les faire venir un jour. La séparation est un sacrifice qu’il doit faire, il a l’internet à la maison et c’est avec son téléphone intelligent qu’il communique avec eux.  

Ernesto se déplace en quatre roues.  «Il apprendra à couper le gazon autour de la maison dans laquelle il vient d’emménager», d’ajouter Tania en riant.   L’hiver dernier, il a vu de la vraie neige, pas seulement celle qu’on voit sur les photos et il ne pense pas que c’est sa saison préférée.

Ernesto porte fièrement une casquette de baseball des Blue Jays de Toronto , un sport qu’il a découvert lors de son séjour à Toronto. Chez lui, c’est le basketball qui est le sport du pays. En le taquinant, Gilles lui dit qu’il faut être grand pour jouer au basketball, et Ernesto lui répond que les jeunes Philippins sont plus grands que lui.    

Il y a plusieurs personnes des Philippes qui habitent à l’Île et il en a rencontré quelques-unes lors du Festival acadien; de plus, son cousin travaille dans une autre ferme à quinze minutes de Bernadale.  «Parfois on va à la ville», dit-il, «et je vais à l’aréna voir des parties de hockey de Mireille, la fille de Gilles et Tania.»Il est aussi attaché au jeune Edmond qui, lors de ma visite, lui a offert un petit gâteau avec une chandelle pour fêter ses 46 ans.

Petit à petit, il découvre la région et il est heureux avec cette famille accueillante. Il ne voudrait pas faire autre chose et dit avoir tout ce dont il a besoin.

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La famille Bernard inclut Gilles (en arrière), sa fille Mireille, son épouse Tania et leur fils Edmond.  À droite, on voit Ernesto Catapang dont on peut dire qu’il fait partie de la famille.  (Photo : Marcia Enman)

La Voie de l’emploi en images

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