23 mars 2022
BrendaGallantLes opéraBrenda Gallant, directrice du marketing pour Tourisme ÎPÉ.  (Photos : J.L.)teurs touristiques de l’Île-du-Prince-Édouard sont plus optimistes cette saison qu’ils ne l’ont été depuis deux ans.  Tous les signes annoncent une excellente saison, soutient Brenda Gallant, directrice du marketing pour Tourisme ÎPÉ. 
Au tout début du mois de mars, le ministère du Tourisme a lancé sa campagne de marketing pour l’année 2022.  Cette campagne s’inscrit dans une stratégie de deux ans (et au-delà) qui englobe l’industrie au complet.  

«Le marketing est une partie importante de cette stratégie.  Nous travaillons avec tous les partenaires de l’industrie», dit Brenda Gallant.  

Le thème de la campagne 2022 est «Le coeur léger».  «Après deux ans de pandémie, de restrictions et d’incertitudes, nous avons voulu que les gens voient notre province comme une destination sécuritaire, presque comme un refuge.  Ici, la pandémie a été gérée de manière exemplaire.  De partout au Canada, les gens savent que l’Île a été capable de prendre soin de ses citoyens ainsi que des visiteurs.  Notre campagne capitalise sur cela.  Voyager vers une destination sécuritaire et bien gérée est devenu une valeur pour beaucoup de gens.  Cela a été apporté par la COVID-19 et  il y a des chances que cela restera une valeur recherchée», prédit Brenda Gallant.  

C’est avec cette certitude en tête que l’industrie dans son ensemble a créé un tout nouveau programme de certification intitulé «Safe Haven».  «C’est un programme qui est géré par TIAPEI.  Mais en gros, explique la directrice du marketing, il s’agit de regrouper sous une seule bannière tous les programmes de certification en vigueur dans l’industrie, notamment pour les hébergements et les restaurants, mais en y ajoutant également les attractions, les salles de spectacles, etc.  Nous sommes au tout début de ceci, et déjà, d’autres provinces du Canada sont intéressées par ce modèle.  Ici, à l’Île, nous nous sommes inspirés d’un concept australien.  Nous l’avons modifié et adapté et l’Australie adore ce que nous en avons fait.»

Un tel programme de certification pourrait prendre quelques années à être pleinement en vigueur.  Les entreprises participantes devront chaque année prouver qu’elles remplissent toujours les critères.  «Ce sera un processus assez rigoureux.  Le message qu’on veut transmettre aux voyageurs est que notre province est sécuritaire, que les gens prennent soin les uns des autres, que nos attractions sont propres et gérées d’une manière responsable», insiste Brenda Gallant, qui rappelle que les détails de la mise en œuvre relèveront de l’association touristique provinciale, TIAPEI. 

Transport déficient

Un des grands défis de la saison 2022, et éventuellement des années à venir, est la disponibilité très limitée des autos à louer.  «C’est partout pareil au Canada.  C’est à cause de la COVID-19, qui a perturbé les chaînes d’approvisionnement en voitures neuves.  Il y a aussi une pénurie d’autos dans les entreprises de location.  Ici à l’Île, les gens qui arrivent en avion n’ont pas d’autre choix que de louer une auto.  Ce n’est pas New York.  C’est un gros défi.  Nous y travaillons.  Nous avons “kari“ la version prince-édouardienne d’Uber, et une autre solution est à l’étude, celle de “TURO“.»

Alors que kari est issue de l’Île-du-Prince-Édouard, TURO se décrit comme la plus grande plateforme d’auto partage au monde.  «C’est urgent de trouver comment mettre des autos à la disposition de nos visiteurs.  L’an dernier, les touristes en provenance de Calgary ont été plus nombreux parce qu’il y avait un vol direct avec WestJet.  Cette année, la compagnie aérienne Swoop a aussi ajouté un vol direct sur Edmonton.  Nous allons cibler également cette clientèle, comme nous l’avons fait l’an dernier pour Calgary.  C’est évident que tous ces visiteurs, qui arrivent par avion, ont besoin d’une auto une fois sur place», dit Brenda Gallant. 

Le marketing est plus compliqué, mais aussi plus précis que jamais

La directrice du marketing à Tourisme ÎPÉ se tient au courant des nouvelles possibilités en marketing.  «Quand j’ai suivi mon cours à l’université, c’était facile.  On réservait des espaces sur les ondes, dans les journaux et on espérait pour le mieux.  En anglais on disait : Spray and Pray [qu’on pourrait traduire par “Étendre et attendre“].  Maintenant, c’est bien plus compliqué, mais c’est aussi bien plus précis. Nous allons lancer notre campagne vers la fin du mois de mars.  Elle inclut des publicités statiques, des vidéos à la télé, à la radio, dans les journaux.  Je vous donne un exemple de comment ça peut marcher.  Vous habitez à Montréal et sur l’autoroute, vous passez devant un grand panneau publicitaire de l’Île-du-Prince-Édouard.  La technologie permet de savoir que votre téléphone est passé non loin de ce panneau.  Plus tard dans la journée, vous recevez une annonce sur votre téléphone.  On ne sait pas qui vous êtes, mais avec l’adresse IP, on sait que ce téléphone s’est trouvé dans ce secteur.  Chaque partie des campagnes publicitaires que nous faisons augmente le degré de sensibilisation et influence le choix pour une destination de vacances», décrit Brenda Gallant.  

L’objectif pour 2022 est de ramener le plus de visiteurs possible.  L’année 2019, avec son 1,6 million de visiteurs, a été une année record.  «L’an dernier, nous avons eu 646 000 visiteurs.  Ça parait beaucoup, mais c’est tout de même 60 % de moins qu’en 2019.  On ne pense pas qu’on atteindra les chiffres de 2019 cette année.  Cependant, tous les signes nous disent que la reprise ici, à l’Île, sera plus rapide que pour le reste du Canada.»  

MarcelBernard

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